Sénégal: Grève des transports routiers – Le bras de fer persiste

Malgré l’ouverture de négociations entre le gouvernement et la Fédération des syndicats routiers du Sénégal, le mot d’ordre de grève entamé, le 30 mars dernier reste maintenu. Entre paralysie de l’économie et appels au dialogue des autorités religieuses, le pays retient son souffle.
C’est un véritable parcours du combattant pour les Sénégalais. Depuis plus d’une semaine, les gares routières de Dakar et des principales villes de l’intérieur du pays tournent au ralenti. La grève illimitée déclenchée par les transporteurs routiers continue d’impacter la mobilité des citoyens et l’acheminement des marchandises à travers le territoire national. Pourtant, une lueur d’espoir était apparue dimanche dernier lors d’une rencontre marathon entre le ministère des Transports terrestres et aériens et les représentants syndicaux.
Si un terrain d’entente a été trouvé sur plusieurs points techniques, un accord global fait toujours défaut. « Nous avons enregistré des progrès, mais certains points de blocage cruciaux subsistent », a déclaré Alassane Ndoye, figure emblématique du syndicalisme des transporteurs au Sénégal. Pour sortir de l’impasse, un comité ad hoc tripartite regroupant l’État, les syndicats et les acteurs du secteur a été mis en place. Sa mission est de traduire les concertations en mesures concrètes et pérennes.
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En attendant, les conséquences de ce mouvement se font ressentir bien au-delà des routes. La Fédération Sénégalaise de Football a dû annoncer le report de plusieurs rencontres de la Coupe du Sénégal, l’impossibilité de déplacer les équipes rendant la tenue des matchs irréalisable. Face à l’enlisement du conflit, les autorités religieuses sont sorties de leur réserve. Les cités de Médina Gounass et de Tivaouane ont lancé un appel pressant au dialogue.
Elles exhortent les transporteurs à lever le mot d’ordre de grève, pour ne pas entraver les déplacements des fidèles en cette période de ferveur religieuse. De son côté, l’Église, par la voix de la Conférence Épiscopale Sénégal-Mauritanie, a exprimé son « inquiétude profonde » face aux souffrances des populations les plus vulnérables. « Nous appelons les deux parties à un sens élevé du sacrifice et à privilégier le bien commun. La paralysie des transports ne doit pas devenir une punition pour les plus démunis, les malades et les étudiants », a déclaré un porte-parole de l’Archidiocèse de Dakar.
L’Église a également proposé ses bons offices pour faciliter une médiation si le blocage devait persister, insistant sur la nécessité d’un « contrat social renouvelé » dans le secteur des transports. Le ministère des Transports, tout en déplorant la poursuite du mouvement, alterne entre main tendue et fermeté, évoquant la possibilité de prendre des « mesures nécessaires » si la paralysie persiste.
Les prochaines 48 heures seront décisives. Le comité tripartite parviendra-t-il à arracher un consensus final, ou le Sénégal s’enfoncera-t-il dans une crise de mobilité plus profonde ? Pour l’heure, les usagers, eux, continuent de subir les frais de ce dialogue de sourds.



