Présidentielle au Bénin: quel engouement pour l’élection du 12 avril?

C’est l’avant-dernier jour de campagne au Bénin avant la présidentielle du 12 avril 2026. Le pays ne connaîtra pas d’autres élections avant 7 ans. Patrice Talon va quitter le pouvoir après deux mandats de 5 ans. Pour lui succéder, seuls deux candidats sont en lice : celui du pouvoir et celui des FCBE, parti d’opposition dite modérée. Et c’est la particularité de ce scrutin.
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De notre envoyée spéciale au Bénin,
C’est aussi ce qui fait grincer des dents une partie des Béninois : deux candidats. Romuald Wadagni, dauphin du président sortant, âge de 49 ans. Il a été ministre de l’Économie et des finances pendant les dix ans de Patrice Talon au pouvoir. Un profil de technocrate, qui ne s’était jamais présenté à une élection avant celle-ci.
Le second, c’est Paul Hounkpè, candidat des Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE), opposition dite « modérée » (l’intéressé récuse ce qualificatif). Âgé de 56 ans, il a été maire de la commune de Bopa, et ministre sous la présidence de Thomas Boni Yayi. Il avait été co-listier lors de la dernière présidentielle, en 2021.
Les absents de ce scrutin présidentiel, comme il y a cinq ans, sont les Démocrates, le principal parti de l’opposition, dont le dossier de candidature a été invalidé par la commission électorale faute de parrainages suffisants.
Une opposition morcelée
Non seulement le parti Les Démocrates n’a pas donné de consignes de vote à ses militants pour cette présidentielle – il ne les a donc pas appelés à soutenir Paul Hounkpè – mais certaines figures du parti – des voix critiques pendant la présidence Talon – ont apporté leur adhésion à Romuald Wadagni : c’est le cas d’Eric Houndete, l’ancien vice-président des Démocrates, ou de Chabi Yayi, le fils de l’ex-président Thomas Boni Yayi, qui ont depuis été suspendus du parti. Une formation en crise actuellement.
Au-delà de cette fragmentation de l’opposition, comme l’évoque un analyste, il y a les critiques que l’on peut entendre à l’égard de Paul Hounkpè. Certains lui reprochent d’avoir été parrainé par la mouvance présidentielle pour pouvoir se présenter, d’avoir passé un accord avec elle avant les législatives de janvier, de voir cette présidentielle comme un « match amical ». Paul Hounkpè, lui, s’en défend.
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Des candidats actifs
Les deux duos de candidats se sont déplacés dans les différentes régions du Bénin, y compris dans le nord où l’armée lutte contre des groupes terroristes. Le président sortant s’est fait discret, de son côté.
Pour autant, une partie des électeurs est peu attentive à la campagne, souligne un analyste. Certains ont l’impression de ne pas avoir le choix et que Romuald Wadagni a été « imposé » par Patrice Talon.
Plus généralement, une partie des Béninois regrette un manque de pluralisme, et mettent en cause les réformes politiques successives sous la présidence de Patrice Talon. Dans ce contexte, la participation sera un enjeu dimanche. Elle déterminera la légitimité du prochain chef de l’État béninois.
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