Nigeria: l'armée annonce une libération d'otages au nord-ouest du pays, la société civile dément

L’armée nigériane a annoncé, dimanche 5 avril, avoir libéré 31 fidèles enlevés lors des célébrations de Pâques dans le village d’Ariko, dans l’État de Kaduna, au nord-ouest du Nigeria. Cinq personnes ont été tuées lors de l’attaque, malgré la présence renforcée des forces de sécurité autour des églises pendant les fêtes. Mais les habitants du village et représentants religieux s’opposent au communiqué de l’armée.
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Dans son communiqué sur X, l’armée relate les opérations d’un ton triomphant. Selon elle, les soldats ont « pris en chasse » les « terroristes » responsable de l’attaque grâce à leur « puissance de feu supérieur », les militaires ont pu obliger les assaillants à abandonner les otages dans leur fuite. Mais cette version officielle ne concorde pas avec les témoignages sur place.
Déclarations « fausses et trompeuses »
Lundi 7 avril, après s’être entretenu avec des habitants, le révérend John Hayab, de l’Association chrétienne du Nigeria à Kaduna a démenti le communiqué de l’armée dans les médias. L’Association pour le développement de Kuturmi a elle aussi rejeté la version de l’armée : « Toutes les personnes enlevées sont toujours en captivité ». Dans son communiqué elle dénonce des déclarations « fausses et trompeuses ».
« Confusion »
Sur place, Joseph Ariko, l’un des responsables communautaires d’Ariko penche plutôt pour une « confusion » de la part de l’armée. « Ma grande soeur, mon cousin et ses enfants étaient à l’église et ont été enlevé. S’ils avaient été libéré, je l’aurais su. » Mardi 7 avril, dans la soirée, il dénombrait toujours 35 personnes manquantes au village après les attaques.
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