Maroc: Le géant des engrais OCP doit faire face aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient

La guerre au Moyen-Orient, qui a débuté le 28 février 2026 et entraîné – entre autres – la fermeture du détroit d’Ormuz, a une incidence sur de nombreux secteurs industriels, y compris celui des engrais. Au Maroc, l’Office chérifien des phosphates (OCP) doit ainsi réorganiser sa chaîne d’approvisionnement en soufre et en ammoniac.

La guerre au Moyen-Orient en est à sa cinquième semaine. Et le monde entier subit toujours les conséquences économiques de ce conflit, notamment avec la fermeture du très stratégique détroit d’Ormuz.

Parmi les matières premières qui passent par ce détroit : le soufre et l’ammoniac, essentiels à la production d’engrais.

Or, le Maroc, l’un des leaders du secteur en Afrique, est dépendant des pays du Golfe pour ses importations.


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Selon le cabinet Kpler, le Royaume devrait recevoir cette semaine ses dernières cargaisons de soufre en provenance du Moyen-Orient, qui avaient traversé Ormuz avant le début du conflit le 28 février dernier.

Le groupe public OCP, géant marocain des engrais, doit d’ores et déjà s’adapter. En 2024, OCP importait en effet près de 50% de son soufre du Moyen-Orient, d’après Global Sovereign Advisory.

« Pas un risque immédiat de pénurie d’engrais au Maroc »

Pour Mounir Halim, Directeur général d’Afriqom, un cabinet de conseil spécialisé sur le marché africain des engrais, depuis le début de la guerre, l’entreprise marocaine a constitué des stocks stratégiques. « Je suis sûr que leurs équipes d’achats, dès que le conflit a commencé, étaient sur les marchés pour acheter ailleurs, souligne-t-il au micro d’Arthur Ponchelet. Pour l’ammoniac, il y a les Caraïbes, les États-Unis. Pour le soufre, le Kazakhstan. Là où il y a des productions de gaz ou de pétrole, on peut s’approvisionner avec ces produits ».

À court terme, l’OCP pourrait bénéficier de la situation, notamment en raison des difficultés rencontrées par son concurrent saoudien. À plus long terme, la hausse des prix des intrants pourrait compliquer les choses.

Mais pour Mounir Halim, pas d’inquiétude sur l’approvisionnement du Maroc en engrais : « Il n’y a pas un risque immédiat de pénurie d’engrais au Maroc. Par contre, ce sujet-là de pénurie devient beaucoup plus préoccupant à l’échelle africaine. Dans de nombreux pays du continent, ces marchés-là sont beaucoup plus sensibles aux hausses des prix. Kenya et Tanzanie sont face à une pénurie de nitrogène parce qu’ils s’approvisionnent au Moyen-Orient. »

Si le conflit au Moyen-Orient persiste, d’après le Programme alimentaire mondial, en Afrique, près de 28 millions de personnes pourraient basculer dans une situation d’insécurité alimentaire aiguë.

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