À Madagascar, le président de la Refondation affiche une main tendue à la jeunesse

À Madagascar, le gouvernement de la Refondation tend la main à la jeunesse. Le Premier ministre a annoncé vouloir instaurer des quotas pour les jeunes au sein de la fonction publique tandis que le colonel Mickaël Randrianirina multiplie, lui, les appels aux étudiants, au cours de sa tournée dans le centre de l’île. Mais entre discours et réalité, le fossé semble encore large.
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Avec notre correspondante à Antananarivo, Sarah Tétaud
De passage à Fianarantsoa ce week-end, le colonel Michaël Randrianirina a profité de l’inauguration d’infrastructures à l’université d’Andrainjato pour exhorter les étudiants à davantage contribuer au développement de Madagascar. « Je vous en conjure, a-t-il martelé, concentrez-vous sur vos études, n’acceptez pas qu’on vous achète ! »
Le président de la Refondation a enjoint son public à ne pas céder à des logiques purement financières ou opportunistes, laissant entendre que les étudiants seraient la cible de personnes malveillantes, qui chercheraient à les instrumentaliser en agitant des sommes sans cesse croissantes. « Prenez cet argent, parce que c’est le nôtre, celui qu’ils ont volé, lance-t-il au milieu de rires. C’est l’argent du peuple malagasy qui a été détourné. Et maintenant, ils l’utilisent pour déstabiliser le pays. Mais ne faites pas ce qu’ils vous demandent de faire en échange ».
Mesures annoncées en faveur des jeunes
De son côté, le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison a annoncé, à l’issue d’un séminaire gouvernemental, l’instauration prochaine de quotas dédiés aux jeunes et d’un plafonnement de l’âge pour certains recrutements ministériels. Ce dernier a cependant été formel quant aux nominations discrétionnaires, effectuées sans procédure transparente ni sans concours, et sans critères clairement définis ou contrôlables. « L’engagement militant ne peut constituer, en soi, un titre d’accès automatique aux fonctions publiques », a-t-il insisté. « Le mérite et le concours resteront la règle. »
L’intervention du chef de gouvernement s’inscrit dans un climat où de plus en plus de jeunes qui avaient participé aux mouvements contestataires en septembre 2025 ayant conduit à la prise de pouvoir par les militaires réclament plus d’écoute de la part du nouveau régime, mais aussi de la redevabilité : à commencer par un accès à des fonctions administratives au sein de l’appareil étatique.
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