Bénin: la campagne pour la présidentielle du 12 avril est entrée dans sa dernière ligne droite

Les deux candidats en lice, Romuald Wadagni pour la majorité présidentielle et Paul Hounkpè pour les Forces Cauris pour un Bénin émergent (FCBE), poursuivent leurs déplacements et leurs meetings aux quatre coins du pays, se heurtant parfois à un manque d’entrain des électeurs pour le scrutin. En cause : l’offre politique trop réduite qui leur est proposée, affirment certains.
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Le Bénin est entré, lundi 6 avril, dans sa dernière semaine de campagne avant la présidentielle programmée dimanche 12 avril, au cours de laquelle les électeurs seront appelés à élire le successeur du président Patrice Talon, qui passera la main après deux mandats. Deux candidats sont en lice : Romuald Wadagni pour la majorité présidentielle – il est le dauphin désigné du chef de l’État sortant – et Paul Hounkpè pour les Forces Cauris pour un Bénin émergent (FCBE), un parti d’opposition dit modéré.
Si l’un et l’autre ont jusqu’à présent pleinement occupé le terrain et les médias, Romuald Wadagni – dont le visage s’affiche le long des principaux axes de Cotonou, alors que celui de Paul Hounkpè s’y fait plus discret – a toutefois déployé la logistique la plus importante, rapporte notre correspondant dans la capitale économique béninoise, Jean-Luc Aplogan.
Les prestations de Romuald Wadagni observées à la loupe
Déplacements, meetings en régions, prestations d’artistes… Depuis le coup d’envoi de la campagne, les deux candidats ont déjà sillonné tout le pays, n’hésitant pas à se rendre dans les zones du nord du Bénin, où des attaques terroristes ont été enregistrées. « J’ai assisté à plusieurs meetings et il y avait du monde, la campagne se déroule à merveille », confie Jean, un militant de l’UPR, une formation de la mouvance présidentielle. Il dit suivre « tout ce qu’il se passe avec beaucoup de fierté » et estime que son pays a franchi « un cap de développement ».
Dans ce cadre, les prestations de Romuald Wadagni ont été tout particulièrement scrutées. Contrairement à Paul Hounkpè, qui est un habitué de l’exercice – il était le colistier du candidat Alassane Soumanou lors de la présidentielle de 2021 et a été élu maire à deux reprises de sa ville natale de Bopa –, ce technocrate sollicite en effet pour la première fois un mandat électif, dimanche 12 avril. À l’issue de la trentaine d’étapes qu’il a déjà bouclées, celui-ci s’en sort a priori sans accroc majeur.
« Si le vote est déjà joué, je laisse tomber »
Si chaque fois qu’ils sont partis à la rencontre des Béninois, l’un et l’autre ont promis plus de moyens contre l’insécurité et évoqué les préoccupations du quotidien de la population, ils ont aussi chacun défendu une vision et un projet de société. Là où Romuald Wadagni a par exemple mis en avant le développement des régions, Paul Hounkpè a pour sa part insisté sur le social et la nécessité de restaurer une démocratie béninoise qu’il juge abîmée, proposant de consulter le peuple pour se doter de lois et d’un code électoral consensuel.
Moto-taxi à Cotonou, Michel a suivi l’essentiel de la campagne à la télévision. Mais il ne sait pas encore s’il ira voter dimanche, car il trouve l’offre politique du moment trop réduite. Alors que le principal parti d’opposition, Les Démocrates, ne participe pas au scrutin, Michel a l’impression de ne pas vraiment avoir le choix. « Il n’y a que deux candidats… Avant, en 2016, quand Patrice Talon a pris le pouvoir, il y avait plus de concurrents. Est-ce que je vais voter ? Je vais voir. Si le vote est déjà joué, je laisse tomber », a-t-il ainsi expliqué à notre envoyée spéciale à Cotonou, Magali Lagrange.
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La campagne s’achèvera à minuit, dans la nuit du vendredi 10 au samedi 11 avril.



