Sénégal: pour faire des économies, le Premier ministre restreint les déplacements du gouvernement

Annoncée vendredi 3 avril par Ousmane Sonko, la mesure, qui fait beaucoup réagir dans la classe politique, vise à réaliser des économies en réduisant le train de vie de l’exécutif, alors que le pays fait face à une dette colossale et craint de nouveaux chocs à venir en raison de la guerre au Moyen-Orient.
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Avec notre correspondante à Dakar, Pauline Le Troquier
« Aucun ministre de mon gouvernement ne bougera du pays », sauf pour une mission essentielle. L’annonce faite vendredi 3 avril par le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko fait, depuis, beaucoup réagir dans la classe politique. Le chef du gouvernement a lui-même renoncé à trois déplacements prévus ce mois-ci : deux visites officielles au Niger et en Espagne et un voyage en France, où il devait tenir un meeting politique de son parti, le Pastef.
Justifiée par la dette colossale du pays, estimée à 132% du PIB, mais aussi par les conséquences de la guerre au Moyen-Orient, la suspension de tous les déplacements considérés comme secondaires des membres du gouvernement vise, in fine, à réaliser des économies. Un objectif à atteindre avec la réduction du train de vie de l’exécutif dans le cadre du plan d’austérité validé pour assainir les finances publiques.
« Des situations extrêmement difficiles nous attendent »
Député d’opposition issu du parti Les Serviteurs, Pape Djibril Fall estime par exemple que limiter l’action diplomatique du Sénégal, à un moment où la dette du pays le place déjà dans une situation très difficile vis-à-vis de ses partenaires internationaux, n’a pas de sens. « Dire que vous n’allez plus voyager, c’est témoigner d’une incapacité à aller négocier. On ne peut pas se refermer sur nous-mêmes ! [Les autorités] veulent cacher leur immobilisme et leurs carences avec des mesures qui n’ont aucun sens, qui ne sont pas essentielles. C’est du populisme et rien d’autre », affirme ainsi ce dernier.
Alors que le Premier ministre a prévenu que « des situations extrêmement difficiles nous attendent » et a défendu une mesure d’anticipation face à l’envolée des cours du pétrole liée à la guerre au Moyen-Orient, le député du Pastef Guy Marius Sagna parle, lui, d’une mesure réaliste, qui prépare le Sénégal aux chocs à venir. « Certains opposants confondent mesures populistes et mesures populaires. Le Premier ministre est dans une mesure populaire, autrement dit une mesure attendue et appréciée par le peuple. C’est de la pédagogie par l’exemple, pour dire que tous les citoyens sénégalais, tous les membres du gouvernement, doivent revoir leur train de vie dans le contexte actuel », déclare-t-il.
D’autres mesures doivent également être annoncées par le ministre de l’Énergie dans les jours à venir.
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