Afrique: La striure brune, une maladie qui menace à nouveau le manioc

La striure brune du manioc pourrait ressurgir, selon un récent rapport de l’East African Journal of Science, Technology and Innovation. Environ 33,7% des terres du continent offrent des conditions propices à la propagation de cette maladie virale, considérée comme la plus destructrice affectant cette culture.

Cette maladie, la striure brune du manioc, existe depuis plus de 50 ans. Depuis quelques années, elle est sous contrôle dans les pays ayant connu des foyers de propagation par le passé, notamment la Tanzanie, le Mozambique, la RDC, le Rwanda et le Burundi. Ces pays, après avoir subi des pertes de récoltes, parviennent de nos jours à contrôler la maladie, grâce à des mesures de surveillance accrues et à l’introduction de nouvelles variétés de manioc plus résistantes.

Mais selon un nouveau rapport de chercheurs, ces pays font partie des zones à haut risque de nouvelles propagations. Cette maladie virale attaque les tubercules de manioc et provoque des nécroses aux racines, les rendant impropres à la consommation. Sa propagation est notamment favorisée par des vecteurs comme la mouche blanche et les échanges, entre agriculteurs, de matériel végétal infecté. Le changement climatique est aussi un autre facteur à prendre en compte car, selon les chercheurs, la variation du climat peut influencer la présence et la dynamique des insectes vecteurs de transmission.


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Au Burundi, où la striure brune du manioc a été identifiée pour la première fois en 2011, la maladie est sous contrôle aujourd’hui. Mais elle reste présente malgré tout selon Micheline Inamahoro, directrice de la recherche à l’Institut des sciences agronomiques du Burundi (ISABU) : « Actuellement, on observe partout des symptômes de striure brune dans divers sites, comme le Moso, la plaine de l’Imbo, à Gitega. Cela a un impact négatif sur la production. S’il y a une pression parasitaire élevée, on ne récolte rien car les tubercules sont pourris dans le sol ».

Pour éviter la contamination et la propagation du virus, les spécialistes conseillent aux agriculteurs d’éviter les échanges de matériel végétal, d’utiliser des boutures saines et de se fier aux multiplicateurs de semences agréées par les instituts de recherche.

Une approche régionale pour lutter contre la striure brune du manioc

Il y a quelques années, cette maladie présentait une réelle menace pour la sécurité alimentaire au Rwanda, surtout dans le sud du pays où l’usine de transformation de manioc, de Kinazi, a failli fermer ses portes à cause de l’insuffisance de la matière première. Aujourd’hui, le pays est parvenu à contenir le virus, mais la menace d’une résurgence n’est pas écartée.

La zone de contamination de la maladie pourrait s’étendre à d’autres régions du continent, notamment l’Afrique de l’Ouest qui n’a, jusqu’à présent, pas été touchée et où le manioc est aussi l’un des aliments de base, selon Athanase Nduwumuremyi, docteur en sciences et coordinateur du programme de recherche sur les racines et tubercules au Rwanda.

Pour lui, seule une approche régionale de lutte peut permettre de stopper sa propagation : « Cette maladie reste une menace au Rwanda et pour les autres régions d’Afrique, surtout dans la région de l’Est de l’Afrique. Pour l’Afrique de l’Ouest, où le manioc est également une culture essentielle, il y a un risque d’introduction si des mesures préventives ne sont pas mises en place. Donc voilà pourquoi il est très important de rester vigilant, de renforcer les systèmes de contrôle et de partager les expériences entre les pays. Le cas du Rwanda montre que la maladie peut être maîtrisée, mais aussi qu’il est nécessaire un effort constant. Donc, concernant la région de l’Afrique de l’Ouest, Il faut vraiment être vigilant. L’expérience a montré que les approches régionales sont essentielles. Aucun pays ne peut lutter seul contre ce type de maladie parce que les maladies n’ont pas de frontières. Je pense qu’il est très important de renforcer les coopérations régionales pour partager des innovations, harmoniser des stratégies et mieux protéger la production de manioc à l’échelle du continent. »

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