Des navires-usines chinois accusés de vider les eaux bissau-guinéennes de leurs poissons

Une enquête qui vient d’être publiée révèle comment, au large de la Guinée-Bissau, loin des côtes et des contrôles, des cargos chinois officiellement présentés comme des navires de transport transforment des tonnes de poissons directement en mer. Opérant à la frontière de l’illégalité, ces bateaux contribuent à assécher les ressources halieutiques locales, fragilisant au passage toute une économie côtière.

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Avec notre correspondante à Pékin, Clea Broadhurst

Selon une enquête du Guardian et de DeSmog publiée le 8 mars 2026, des navires chinois qui sont restés ancrés pendant des mois au large des îles Bijagos, en Guinée Bissau, ont récemment transformé des sardinelles en farine et en huile de poisson destinées à l’export, en particulier pour l’aquaculture et l’élevage.

Transbordements en mer, systèmes de localisation coupés pour éviter les contrôles, pêche intensive de petits pélagiques : cette activité, qui repose sur un système opaque, s’appuie sur des flottes de pêche, notamment turques, qui opèrent régulièrement en dehors des règles et qui déploient toute une chaîne parallèle, loin des autorités.

Pêche locale fragilisée

Résultat : au-delà de l’impact environnemental, pour les populations locales, les conséquences de cette exploitation à la limite de la légalité sont immédiates. En Guinée-Bissau où le poisson constitue la principale source de protéines, les stocks diminuent ainsi rapidement et les prix augmentent. Très concrètement, des milliers de pêcheurs artisanaux ont vu leurs prises se raréfier, leurs revenus chuter et leur sécurité alimentaire être menacée sous le coup de la mise en place d’un nouveau modèle économique reposant sur la captation d’une ressource locale, sa transformation en mer et son intégration à des chaînes d’approvisionnement mondialisées au profit d’acteurs étrangers.  

Face à cette situation, les autorités ont bien décrété une interdiction de l’activité de ces bateaux, mais sans grand effet pour l’instant, son application restant incertaine du fait du manque de moyens de contrôle en mer.

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