Madagascar: l’appel au patriotisme du président de la Refondation lors de commémorations fait débat

À Madagascar, le président de la Refondation appelle à un sursaut patriotique. Le 29 mars, lors des commémorations des massacres de « Mars 47 » perpétrés par l’armée coloniale française contre les insurgés, le colonel Michaël Randrianirina a exhorté les Malgaches à revendiquer leur identité nationale et à l’afficher. Un discours bien accueilli, mais qui soulève aussi des interrogations sur la portée et les modalités des mesures annoncées.
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Avec notre correspondante à Antananarivo, Sarah Tétaud
« Soyez fiers de votre pays, de faire connaitre notre langue à l’étranger ! N’ayez pas honte de porter nos vêtements traditionnels », a lancé le colonel Michaël Randrianirina durant son allocution à Moramanga. Dans la foulée, le chef de l’État de Madagascar a évoqué de futures mesures, sans en préciser le contenu, renvoyant à une communication officielle à venir.
Maryse Randrianasolo, professeure de malgache, salue cet appel à valoriser la culture nationale : « La langue malagasy est une langue très riche. La mettre en avant montre bien que nous avons nos cultures, nous avons notre mode de vie dont d’autres peuvent s’inspirer. Et le fait que le président de la Refondation fasse toutes ses interviews en malagasy, alors même qu’il parle très bien français, traduit bien sa volonté de valoriser la langue. Et ça va susciter aussi, je pense, de l’enthousiasme chez les étrangers afin de comprendre et mieux analyser ce qui se passe dans notre pays. »
Poser la main sur le cœur pendant l’hymne national
Autre proposition avancée : inviter les citoyens à poser la main sur le cœur pendant l’hymne national. Une idée qui ne fait pas l’unanimité. Un Tananarivien interrogé se montre sceptique : « Mettre la main sur le cœur, si c’est imposé, ce n’est pas une bonne idée. Le patriotisme, c’est un ressenti. Si ça devient une obligation, on ne saura plus si les gens adhèrent vraiment ou s’ils obéissent par contrainte et par peur. »
Pour plusieurs observateurs, cet appel au patriotisme ne doit pas occulter les priorités de ce régime de transition militaire : refondation des institutions, organisation des élections et lutte contre la corruption.
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