«Cette crise me fait peur»: en Éthiopie, des chauffeurs démunis face aux prix des carburants

Le 16 mars dernier, le Premier ministre Abiy Ahmed a appelé à utiliser le carburant « avec parcimonie », craignant des pénuries à cause de la guerre au Moyen-Orient. Malgré cet appel à la retenue, les stations-services du pays sont prises d’assaut, ce qui complique le quotidien des professionnels de transports.
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Avec notre correspondante à Addis-Abeba, Marlène Panara
Depuis une semaine déjà, de longues files d’attentes se forment chaque jour devant les différentes stations essence de la capitale de l’Éthiopie, parfois jusqu’à un kilomètre. Pour les clients, il est de plus en plus difficile de se procurer du carburant.
Tadesse, chauffeur sur l’application de transport privé Feres, patiente depuis une bonne vingtaine de minutes. « Le gasoil, on peut en trouver, mais l’essence devient vraiment rare ces derniers jours, lâche-t-il. Ce n’est pas facile pour nous, car les revenus des applications ne sont pas élevés, et les prix montent. Je suis inquiet, car si les prix continuent de monter, comment on va faire ? »
Les tarifs des transports publics ont aussi augmenté
Depuis le 11 mars, le ministère a fixé de nouveaux prix, plus élevés, pour les carburants : le gasoil s’achète désormais 140 birrs le litre, soit 80 centimes d’euros, l’essence, à 132 birrs.
Cette situation inquiète Tsegaye, conducteur de mini bus depuis sept ans : « Cette crise me fait peur, car ma société n’a pas le budget pour acheter de l’essence plus chère. C’est déjà assez difficile comme ça. Ce travail est dur, car on doit assurer un service à tout le monde, à un prix correct. »
La hausse des prix du carburant touche les professionnels des transports mais aussi les particuliers. Depuis le 16 mars, les tarifs des transports publics ont aussi été augmentés.



