À Madagascar, le nouveau gouvernement laisse sceptique société civile et jeunes de la Gen Z

À Madagascar, le nouveau gouvernement annoncé le 25 mars laisse perplexes le mouvement Gen Z et la société civile. La majorité des anciens ministres ont été reconduits et aucune figure marquante n’a fait son entrée : le président de la Refondation a opté pour la continuité. Au point que certains acteurs de la mobilisation citoyenne de septembre et octobre 2025 s’interrogent sur l’intérêt de ce remaniement et considèrent que le cap des autorités de transition est encore trop confus.
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Avec notre correspondant à Antananarivo, Guilhem Fabry
Un mélange d’experts, de personnalités politiques et de militaires : après plus de deux semaines de tractations, le nouveau gouvernement à Madagascar présente en fin de compte les mêmes équilibres que le précédent.
Herizo Andriamanantena aurait souhaité que le mouvement Gen Z, dont il est un participant actif, soit directement promu. « Cette fois on a vraiment proposé des noms, on s’est vraiment proposé, explique-t-il. Mais même avant la nomination, plusieurs participants du mouvement ont déjà fait des déclarations, en disant qu’aucun de leurs candidats n’a été reçu pour un entretien. Donc, c’est une frustration par rapport à la participation et aux prises de décision. C’est ce qui frustre surtout les jeunes, parce qu’ils ont l’impression de ne pas avoir leur mot à dire et qu’ils restent juste des observateurs ».
« On navigue toujours à vue »
Le plus grand défi du gouvernement sera de gagner la confiance des citoyens, estime Harnelle Rakotobe, directrice exécutive de l’ONG Ivorary, engagée pour la bonne gouvernance et les droits humains. Elle préconise, pour cela, la publication des déclarations de patrimoine des ministres, pour partir d’une base transparente : « Qu’est-ce qu’on attend réellement de chaque ministère ? Pour quel objectif ? On navigue toujours à vue dans la mesure où on ne sait pas quelles urgences ces ministères vont traiter. Ils n’ont pas été très transparents sur les critères d’évaluation et de nomination des ministres. Je ne vois pas bien quelle serait la plus-value de ce nouveau gouvernement. »
Les autorités de transition doivent désormais s’atteler à l’organisation de la concertation nationale, dont le lancement est attendu en juillet.
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