RDC: violences et menaces contre les journalistes en hausse dans l'est, alerte Reporters sans frontières

Les violences et les pressions contre les journalistes ont augmenté depuis l’intensification du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), alerte l’ONG Reporters sans frontières (RSF) dans un rapport publié ce 26 mars 2026.
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Avec notre correspondante à Kinshasa, Paulina Zidi
L’ONG Reporters sans frontières (RSF) publie un rapport sur les conditions de travail des journalistes dans la région des Grands Lacs. Intitulé « Dans la peau d’un journaliste des Grands Lacs », il est présenté comme une immersion dans le quotidien des reporters dans une zone marquée par l’instabilité, devenue « un terrain particulièrement hostile ». Un rapport présenté ce jeudi 26 mars par RSF à Kinshasa en RDC, car le pays tient une place importante dans ce document.
Le rapport décrit en effet un environnement global très dégradé avec la RDC comme épicentre des difficultés sécuritaires, en raison des conflits qui menacent à l’est du pays. Dans cette région, c’est le pays qui a enregistré ces dernières années le plus de journalistes tués dans l’exercice de leur fonction : cinq depuis 2021, quatre uniquement dans les provinces de l’est. Sur les 500 journalistes arrêtés dans la région des Grands Lacs ces dix dernières années, la moitié l’ont été au Congo.
Bien que reconnue, bien que garantie, la liberté de la presse reste un leurre en RDC.
Tshivis Tshivuadi, secrétaire général de Journaliste en danger, partenaire de RSF en RDC
Entre l’enclume et le marteau
Concernant les menaces, les radios communautaires sont en première ligne, régulièrement « pillées, détruites, par les parties au conflit », selon le rapport. Les journalistes sont pris en étau entre les violences, les pressions politiques. Et Jeanne Largarde, la rédactrice du rapport, d’insister : les reporters sont pris entre « l’enclume du M23 et le marteau des FARDC », les militaires congolais.
Plusieurs journalistes ont ainsi été contraints au déplacement ou à l’exil en raison de ces menaces, avec des départs pour Kinshasa, la capitale, voire dans des pays voisins. Certains abandonnent même leur métier, explique RSF.
Face à cette situation, les choses doivent changer, estime Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF. « Il faut que les journalistes puissent toujours avoir la possibilité de faire leur travail sans risque de représailles, sans autocensure et sans risque d’être censuré », affirme ainsi ce dernier.
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Tout cela s’ajoute à la fragilité économique des journalistes décrite dans le rapport avec des conditions financières précaires, ce qui les oblige à cumuler plusieurs activités. Enfin, RSF souligne aussi la bataille informationnelle avec un contrôle et des pressions sur les médias pour imposer un narratif du conflit.



