Sommet du G7: l'Afrique du Sud affirme ne plus être invitée par la France à la suite de «pressions» américaines

La présidence sud-africaine a affirmé, jeudi 26 mars 2026 à l’Agence France-Presse (AFP), que le président Cyril Ramaphosa n’était plus invité par la France à participer au sommet du G7 qui doit se tenir du 15 au 17 juin à Évian, en raison de pressions américaines. « On nous dit que les Américains ont menacé de boycotter le sommet du G7 si l’Afrique du Sud était invitée », a déclaré le porte-parole de la présidence sud-africaine, Vincent Magwenya.

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Avec notre correspondant à Johannesburg, Valentin Hugues

La présidence sud-africaine annonce avoir été retirée de la liste des invités pour le G7 en France au mois de juin. Selon le porte-parole de M. Ramaphosa, la France a pris cette décision sous pressions américaines, alors que les relations entre Pretoria et Washington sont au plus bas depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.

Contacté par RFI, le porte-parole de Cyril Ramaphosa, Vincent Magwenya, confirme cette information.

Un peu plus tard dans la journée, le président sud-africain en personne et le ministre français des Affaires étrangères ont toutefois pris la parole pour démentir de quelconque pressions. « Selon les informations en ma possession, il n’y a aucune pression, d’aucun pays. Si vous n’êtes pas invités, cela ne signifie pas que vous êtes snobé ou ignoré », a d’abord déclaré à ce propos Cyril Ramaphosa, interrogé par la télévision sud-africaine. 

« Nous avons toujours compté sur l’Afrique du Sud et respectons le rôle important qu’elle joue dans les affaires internationales. S’agissant du G7, nous avons fait le choix d’inviter le Kenya à Évian au titre du travail que nous faisons ensemble pour préparer le sommet Africa Forward, le sommet Afrique-France qui se tiendra les 11 et 12 mai prochains à Nairobi. Nous n’avons cédé à aucune pression mais nous avons fait un choix cohérent avec notre décision de tenir un G7 resserré », a pour sa part affirmé ensuite Jean-Noël Barrot, le chef de la diplomatie française.

Quoi qu’il en soit, cette déclaration issue de la présidence sud-africaine témoigne des tensions sans précédent entre Washington et Pretoria.

Une première bataille autour du G20

En novembre dernier, Donald Trump avait boycotté le G20 organisé à Johannesburg.

Les États-Unis ont, depuis, pris les rênes du groupe des 20[*] et en ont immédiatement exclu l’Afrique du Sud.

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Des affronts diplomatiques à coups de boycotts américains et de déclarations de Donald Trump qui accuse Pretoria de commettre un génocide envers les Blancs en Afrique du Sud, une théorie largement démentie par les faits.

Pour ce qui est du G7, pour l’instant, seule l’Afrique du Sud mentionne des pressions américaines qui ont conduit à son retrait de la liste des invités.

Mais, si on a réfléchi à de potentielles explications, on pense à cette grande manifestation le week-end dernier à Johannesburg. Manifestation organisée par l’ANC pour défendre sa « souveraineté » face aux « attaques américaines ». Le message envoyé était très clair : « Donald Trump ne nous fait pas peur. »

Cette fois, c’est donc le G7 qui devient le théâtre de ces tensions diplomatiques entre Washington et Pretoria.


[*] Le G7 est un petit groupe de sept grandes économies développées qui coordonnent leurs politiques économiques, tandis que le G20 rassemble un ensemble beaucoup plus large de pays développés et émergents pour traiter des enjeux économiques mondiaux plus globaux.

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