Kenya: colère dans les bidonvilles de Nairobi après les pluies torrentielles

Au Kenya, les pluies torrentielles continuent de provoquer d’importants dégâts à travers le pays. 81 personnes ont perdu la vie à cause des inondations depuis le début du mois de mars selon le dernier bilan de la police publié dimanche 22 mars. Plus de 2 000 familles ont été déplacées. Nairobi reste la région la plus touchée avec 37 victimes. Alors que de fortes pluies avaient été annoncées pour ce week-end et devraient se poursuivre jusqu’au 23 mars, les habitants en bordure des rivières de la capitale restent sur le qui-vive.

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Avec notre correspondante à Nairobi, Albane Thirouard

Dans le bidonville de Mukuru Kayaba à Nairobi, la capitale du Kenya, la rivière Ngong a débordé de son lit dans la nuit du 6 au 7 mars, puis du 14 au 15 mars, provoquant des crues soudaines. Dorothy Mathai a vu son logement submergé à deux reprises. L’après-midi du 22 mars, aucune nouvelle inondation n’avait été signalée chez elle, mais elle restait en alerte. « Ici c’est le sac que j’ai préparé pour partir en cas d’urgence, j’ai mis ma tenue de messe et un sac pour l’école. J’ai très peur, je n’en dors plus. Je vérifie régulièrement la rivière pour voir si le niveau augmente ».

La montée du niveau d’eau dans le réservoir menace aussi de faire céder la digue du barrage de Nairobi, avec un risque d’inondation pour les populations en aval. Mukuru Kayaba est menacé. Clinton Kissia est inquiet. Son cybercommerce a déjà été inondé ainsi que son logement. « J’avais quatre consoles de jeux, quatre télévisions, deux ordinateurs et une imprimante. Tout a été endommagé. Si j’arrive à réunir les fonds nécessaires, je pourrais m’installer ailleurs mais après les dégâts que je viens de subir, c’est difficile. Le gouvernement devrait avoir un plan, que ce soit pour nous reloger ou pour ouvrir le barrage afin de laisser passer l’eau. Ils devraient mieux planifier ».

La polémique grandit à l’encontre des autorités. Le gouverneur de la capitale vient d’ordonner la démolition des constructions illégales au bord des rivières, pointées du doigt comme réduisant l’écoulement de l’eau et la capacité d’absorption des berges.

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