Le nouvel an malgache, une tradition signe de renouveau et de purification

À Madagascar se sont achevées ce samedi 21 mars les festivités du nouvel an malgache, aussi connu sous le nom de Alahamadibe. Cette tradition vieille de cinq siècles est célébrée à la fin d’un cycle lunaire. Signe de renouveau et de purification, elle est l’occasion pour les Malgaches de rentrer en connexion avec leurs ancêtres pour les honorer et leur demander des bénédictions.

De notre envoyé spécial de retour d’Ambonga,

Le soleil s’est couché sur la colline d’Ambonga, d’où l’on voit scintiller les lumières d’Antananarivo. Un édifice de pierres et de bois a été érigé au sommet pour fêter le Nouvel An malgache. À l’intérieur flotte une odeur d’encens. Une centaine de personnes sont réunies autour de bougies allumées. Jean de la Croix Rabarison, un chef traditionnel, entame un pas de danse, suivi par d’autres hommes.

« Nous célébrons la nouvelle année lunaire, qui est un signe de renouveau de l’esprit pour chaque citoyen malgache. L’esprit des ancêtres reçoit les incantations des descendants et les transmet au Dieu créateur, explique-t-il. Dans la tradition malgache, quand on meurt, le corps se dissocie de l’esprit, qui lui reste vivant. Il vient parfois visiter les descendants dans les rêves. »

Ambonga est considéré comme un lieu sacré : c’est à la fois le plus haut sommet du versant ouest d’Antananarivo et là où repose un notable de l’époque royale.

Le lendemain matin, des familles descendent la colline le long d’un chemin sinueux entouré de hautes herbes pour rejoindre une source d’eau. Faneva remplit une bouteille qu’elle verse sur Tamby, son fils de quatre ans. « J’ai eu du mal à avoir un enfant. J’étais venue ici m’asperger d’eau sacrée en demandant aux ancêtres une bénédiction, confie-t-elle. Ils m’ont donné un fils. Alors, pour les remercier, je suis revenue comme je leur avais promis. Je leur ai apporté des offrandes que j’ai purifiées avec l’eau de la source : un poulet et du miel, symbole de douceur. »

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Faire revivre les traditions

Le temps de l’Alahamadibe, un village éphémère a poussé au sommet de la colline. Quelques jours durant, on y mange et on y danse au rythme des fanfares. On se recueille aussi près des tombeaux. Les participants ont revêtu pour cette occasion le lambahoany, un pagne noué autour de la taille ou au-dessus de la poitrine, dont les couleurs portent une signification. « Le haut rouge qui représente la force, la vitalité, et le bas blanc, c’est la pureté, c’est la clairvoyance, c’est la lumière, explique Narindra, membre de l’association Mamelomaso, qui se présente comme gardienne de la culture malgache.​​​​ C’est toute la symbolique, mais au-delà du symbolique, ce sont des traditions qu’on essaye de faire revivre. Pas que pour nous, mais surtout pour les futures générations, afin qu’elles comprennent comment ça fonctionnait avant. On essaye d’instaurer ça petit à petit. »

L’Alahamadibe se clôture par un sacrifice de zébu. Chaque convive quitte la colline avec une part de viande, signe que le renouveau porté par le nouvel an malgache est partagé entre tous. 

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