Gabon: à Libreville, un nouveau bureau de la SFI pour viser les 400 millions d'investissements

La Société financière internationale (SFI), filiale du Groupe de la Banque mondiale dédiée au secteur privé dans les pays en développement, a ouvert le 4 mars 2026 son tout premier bureau au Gabon. Auparavant, les dossiers gabonais étaient pilotés depuis le Cameroun. L’augmentation du portefeuille client au Gabon a amené la SFI à se rapprocher du marché en ouvrant sur place son bureau. Une bonne nouvelle pour le Gabon et surtout pour les opérateurs économiques du secteur privé, dont certains peinent à trouver les financements adéquats pour leur développement.
Avec notre correspondant à Libreville,
Parmi les invités à la cérémonie du 4 mars, il y avait notamment Mohamed Reslan, patron de la CDG, une fonderie d’acier spécialisée dans la fabrication des fers à béton. L’entreprise a rapidement entamé des discussions avec la SFI pour financer un nouveau projet industriel visant le marché international : « On est en train de voir avec eux pour qu’ils puissent intervenir dans le financement d’un projet qui va faire 90% d’export de produit local. C’est un projet d’exportation pour 40-50 millions de dollars par an. »
Également présent à la cérémonie, Loys Olympio, homme d’affaires dans le secteur de la santé. Il estime que l’arrivée de la SFI est une réelle opportunité. « On dit très souvent qu’il est difficile de trouver des financements au Gabon. Donc là, on a l’opportunité d’avoir d’autres types de financements, d’autres types d’accompagnements pour nous, les entrepreneurs. Ça nous rassure de voir qu’ils ont choisi de s’implanter au Gabon de manière durable », souligne l’entrepreneur.
Libreville fait face à une sévère pénurie d’eau. L’État a confié au groupe français Euranove le pilotage d’un projet de construction d’une nouvelle usine d’eau. Armel Messan Sedji, qui travaille sur le projet, confirme des discussions en cours avec la SFI : « Nous avons entamé les discussions avec eux il y a quelques mois. Nous essayons de voir dans quelle mesure le projet que nous portons pour renforcer la capacité de production d’eau peut être accompagné par ce bailleur de fonds. »
Énergie, infrastructures, mines… La SFI finance de nombreux secteurs
Dahlia Khalifa, directrice de la SFI pour le Nigeria et l’Afrique centrale, qui a effectué le déplacement à Libreville, a rappelé à l’assistance les secteurs clefs financés par l’institution : « L’un des secteurs prioritaires est l’énergie, parce que l’énergie est la clef de toute chose. Il y a aussi en général les infrastructures, y compris le transport et l’industrialisation. Il y a également le secteur minier. Pas uniquement exporter les minerais bruts mais la transformation locale pour plus de plus-value et de création d’emplois au Gabon. »
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Dans les coulisses, des murmures sur les conditions présumées rigides d’accès aux financements de la SFI ont été entendus. Dahlia Khalifa explique que la SFI n’est pas une « une banque classique ». « En tant que banque de développement, nous ne sommes pas focalisés uniquement sur le prêt d’argent. Nous faisons également de l’investissement actif et du renforcement des capacités. Nous soutenons les entreprises afin qu’elles puissent se développer pour l’avenir. Et nous disons que nous sommes des partenaires pour la vie », a-t-elle expliqué.
La SFI finance déjà plusieurs projets au Gabon, notamment la construction d’un barrage hydroélectrique et la rénovation du chemin de fer transgabonais. Ces financements se chiffrent à 117 millions de dollars aujourd’hui. La SFI vise les 400 millions de dollars.
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