La Guinée, premier pays exportateur de bauxite, cherche à peser sur les cours

La Guinée voudrait peser plus sur le marché mondial de la bauxite, un minerai qui, transformé en alumine, sert ensuite à fabriquer l’aluminium. Le pays en est déjà le premier exportateur, mais il réfléchit maintenant à instaurer un système de contrôle des volumes commercialisés.
Cette démarche des autorités guinéennes s’inscrit dans un contexte de baisse des cours. Ils ont été divisés de près de la moitié depuis début 2025, car plus de bauxite a été mise sur le marché qu’en 2024, année où la production avait été perturbée chez plusieurs fournisseurs.
La Guinée a elle-même contribué à la baisse des prix enclenchée l’année dernière, puisqu’elle a vu ses exportations grimper de 25% grâce à une demande chinoise plus forte. Cette demande est liée à la fois à l’ouverture de nouvelles raffineries d’alumine et à la décision de l’Indonésie de ne plus exporter de bauxite, pour développer sa propre industrie de transformation.
L’exemple de la RDC et du Zimbabwe
L’objectif de la Guinée est de faire remonter les prix en 2026, car « la baisse des prix associée à la hausse des coûts de transport a comprimé les marges des producteurs », explique Jethro Wookey, analyste en chef pour le marché de l’aluminium chez Argus Media. Elle a aussi fait baisser les recettes de l’État.
Reste à déterminer sous quelle forme cette régulation se fera. Ira-t-on vers des quotas stricts comme c’est le cas en RDC pour le cobalt ? La RDC a prouvé qu’il était possible pour un État africain d’avoir un impact sur les cours mondiaux, tout comme le Zimbabwe plus récemment avec ses restrictions sur les exportations du lithium. Cela a sûrement inspiré la Guinée, qui aurait, selon l’agence Bloomberg, déjà commencé à discuter avec le secteur minier, dans lequel sont impliqués des groupes étrangers. La bauxite guinéenne est en effet exploitée en partenariat avec des actionnaires chinois (Hongqiao), singapouriens (Winning International) ou encore australiens (Rio Tinto).
À lire aussiLe Zimbabwe fait trembler les cours du lithium avec ses restrictions à l’export
Pression liée à la guerre en Iran
D’un point de vue guinéen, le besoin d’agir sur le marché se justifie encore plus depuis le début de la guerre en Iran. Le Golfe est en effet une zone de production d’aluminium. C’est donc une région qui importe de la bauxite et de l’alumine. La guerre fait actuellement baisser les besoins et va créer un excédent sur le marché qui n’était pas prévu.
« Il est fort probable qu’on assiste à une baisse des prix due à une diminution de la demande globale », explique Jethro Wookey. Soit l’inverse de ce que cherche la Guinée. Un contrôle sur les volumes exportés permettrait peut-être, dans un premier temps, d’éviter que les prix ne tombent encore plus bas que ce qu’ils sont aujourd’hui.
À lire aussiLa Guinée reprend le contrôle du transport de sa bauxite pour maximiser les revenus



