Au Mali, l'Aïd el-Fitr célébré dans la morosité

Au Mali, c’est ce 19 mars qu’est célébré l’Aïd el-Fitr, marquant la fin du mois de ramadan. Une fête entachée cette année par l’embargo décrété par les jihadistes du Jnim sur les importations de carburant. Depuis septembre dernier, l’approvisionnement est aléatoire et très insuffisant dans tout le pays, avec des conséquences également sur la fourniture d’électricité. À l’occasion de la fête, les autorités de transition ont fait leur possible pour que les célébrations ne soient pas trop ternies.
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Plus de 780 camions citernes sont arrivés le 18 mars à Bamako, sous escorte militaire, d’après un communiqué gouvernemental. Après la pénurie massive de gasoil des dernières semaines, les choses s’améliorent légèrement dans la capitale, selon les témoignages recueillis par RFI. Et depuis mercredi soir ou ce jeudi matin, selon les quartiers, l’électricité n’est pas coupée, alors que ces derniers mois, le courant ne dépasse pas sept heures par jour. De quoi célébrer la fin du ramadan dans de meilleures conditions.
« On a juste rompu le jeûne. Fêter, c’est autre chose… »
Cet effort notable des autorités est forcément apprécié. « Ils jouent avec nos sentiments », ironise tout de même un Bamakois, le moral toujours en berne. « Nous fêtons dans la morosité », poursuit un autre, qui explique « crouler » sous les demandes d’aide « pour acheter la viande, les condiments, les habits de fête pour les enfants ». « On a juste rompu le jeûne, témoigne encore un habitant de la capitale. Mais fêter, ça, c’est autre chose… »
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Prix des bœufs
À Koutiala, à près de 400 kilomètres à l’est de Bamako, « en ce jour de fête, l’électricité vient dans tous les secteurs de la ville, remarque un notable, alors que d’habitude, c’est rotatif ». Mais pas de quoi être euphorique. « Nous fêtons dans des conditions misérables », déplore cet habitant qui, déjà arrivé à la mosquée, prend tout de même le temps de décrire les difficultés économiques et le manque de carburant. Dans sa ville, aucune station essence n’est ouverte et c’est le marché noir qui permet, à ceux qui peuvent payer deux ou trois fois le prix normal, de faire le plein.
Situation strictement identique à Mopti, à plus de 450 kilomètres au nord-est de la capitale, où un interlocuteur se plaint enfin du prix des bœufs à sacrifier, en forte hausse. « Avant, les ONG faisaient beaucoup de dons, raconte cette source. Mais cette année, vu le contexte, elles ne l’ont pas fait ». À ses yeux, « c’est la fête la plus triste depuis des années ».
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