Dans le sud de la RDC, l’appel à l’aide de déplacés ayant fui les combats dans les provinces orientales

À Lubumbashi, plusieurs centaines de déplacés ont passé la nuit du 17 au 18 mars 2026 devant le gouvernorat de province. Ils sollicitent une assistance humanitaire car ils vivent dans une grande précarité. Ces déplacés qui ont fui la guerre qui oppose l’AFC/M23, appuyé par le Rwanda, aux FARDC et à leurs alliés, n’ont ni abri ni nourriture. Les défenseurs des droits humains dénoncent l’indifférence de l’État face à cette situation humanitaire. Le gouvernorat leur a promis de l’aide dans les prochains jours.
Publié le : Modifié le :
2 min Temps de lecture
Avec notre correspondante à Lubumbashi, Denise Maheho
À l’entrée du gouvernorat de la province du Haut-Katanga, dans le sud de la RDC, ce mercredi 18 mars au matin se trouvent des centaines de déplacés. Parmi eux, des femmes et des enfants sont assis à même le sol. Certains, visiblement fatigués et affamés, sont allongés. Ils demandent une assistance depuis 24 heures, explique Paul Byamungu, leur président : « Nous n’avons ni abri, ni nourriture, ni soins de santé. Les maisonnettes qui nous abritaient se sont écroulées à la suite des grosses pluies de ces derniers temps. Presque toutes les familles passent la nuit dehors. Nous venons ici voir les autorités afin qu’elles nous assistent. »
Depuis des semaines, ces déplacés font la ronde des institutions provinciales dans l’espoir de se faire entendre, mais sans succès.
« L’État les abandonne dans la rue et en pleine ville »
Maître Hubert Tshiswaka, directeur de l’Institut de recherches en droits humains, qui les accompagne, se dit choqué : « Ce laxisme prouve que l’État est complètement en faillite. Les gens ont fui la guerre, ils n’ont rien, ils demandent de l’aide. Et l’État les abandonne dans la rue et en pleine ville, devant le bureau du gouverneur. C’est choquant ! »
Certaines sources indiquent que Kinshasa affecte mensuellement à la province un fonds pour assister les déplacés internes. Mais Valérienne Mumba, ministre provinciale des Affaires humanitaires, dit attendre la décision du gouverneur de province avant d’agir. Pendant ce temps, ces déplacés restent là, exposés aux intempéries.
À lire aussiRDC: à Goma, l’ONU insiste auprès de l’AFC/M23 sur le respect de l’espace humanitaire



