Au Tchad, le désarroi et les difficultés d’un enseignant gréviste et sans salaire

Au Tchad et en particulier dans la capitale, des enseignants n’ont pas perçu de salaire depuis février 2026. En cause, une grève lancée depuis près d’un mois, pour réclamer l’application d’un décret sur le statut particulier et la revalorisation des indemnités. La primature a ensuite annoncé que les journées non-travaillées des grévistes du syndicat SET de Ndjamena ne seront pas rémunérées. Les enseignants affirment qu’ils n’ont pas non plus été payés pour les quinze jours travaillés. Aucun salaire ne sera perçu avant fin-mars, selon le ministre de l’Éducation nationale. Rencontre avec un enseignant qui peine à joindre les deux bouts.

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Avec notre correspondante à Ndjamena, Nadia Ben Mahfoudh

Abdelaziz Adoum enseigne le français au lycée de Gaoui, dans la capitale du Tchad. Avec 273 000 francs CFA de salaire – soit 416 euros – et pas un kopek versé depuis février, mais un foyer de quinze personnes à entretenir malgré tout, il est difficile de joindre les deux bouts. Mais ce père de famille de 48 ans puise dans ses réserves de céréales, cultivées par ses soins.

« En restant sur une seule activité, on ne va pas tenir d’une manière ou autre, affirme-t-il. Durant les trois mois de vacances, j’ai un champ en-dehors de Ndjamena où j’amène toute la famille. J’ai quand même des magasins de céréales qui sont là, qui me protègent en cas de nécessité ».

« Pourquoi ils coupent les salaires juste pour les enseignants ? »   

Abdelaziz Adoum a aussi misé sur la transmission d’un savoir-faire : la couture. Anciennement tailleur, il a appris le métier à son fils Haroun qui, à côté de ses études, aide à faire face à cette coupe de salaire. « Je fabrique des boubous, des chemises, des pantalons, explique Haroun Abdelaziz. Ce ne sont pas des choses très exceptionnelles, mais notre père est fier de nous ».

Pour l’enseignant, une incompréhension demeure : pourquoi avoir coupé le salaire des enseignants grévistes uniquement. « Il y a des grèves au niveau des secteurs de la santé, des secteurs de la justice, alors que leurs salaires ne sont pas coupés. Pourquoi ils coupent pour les enseignants ? Là, on n’y comprend rien », conclut-il.

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