Ile Maurice: L'accord avec Indian Oil Corporation en phase de finalisation

Dans un contexte marqué par les tensions au Moyen-Orient, l’approvisionnement de Maurice en produits pétroliers et la question des prix du carburant restent des enjeux pour l’économie.

Lors de son message du 12 mars, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, est revenu sur les démarches entreprises pour sécuriser l’approvisionnement en carburant. Durant une visite officielle en Inde en septembre dernier, il a sollicité l’aide de son homologue indien afin de relancer un accord gouvernement à gouvernement (G2G) d’approvisionnement avec la Mangalore Refinery and Petrochemicals Ltd (MRPL).

Toutefois, MRPL n’a pas souhaité renouveler ce partenariat suite à la résiliation de son contrat sous l’ancien régime. Le gouvernement indien étant d’accord pour un nouvel accord, les discussions ont mené à la conclusion d’un partenariat avec l’Indian Oil Corporation (IOC). Cet arrangement permettrait au pays de bénéficier de carburant à des prix plus avantageux, sans passer par un courtier comme c’est actuellement le cas pour l’approvisionnement en provenance du Moyen-Orient.

Le ministre du Commerce, Michaël Sik Yuen, a expliqué que c’est le gouvernement indien qui a choisi l’IOC. «Mon ministère et le Ministry of Petroleum and Natural Gas de l’Inde travaillent sur cet accord depuis avant le conflit.»


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Il a également effectué une visite en Inde et précise que le protocole d’accord avec l’IOC est en phase de finalisation. «Nous faisons le nécessaire pour finaliser les documents au plus vite afin de pouvoir les soumettre au Conseil des ministres dès qu’ils seront prêts.»

Actuellement, Maurice a un contrat avec Oman pour l’approvisionnement en white oil, qui comprend quatre produits pétroliers : l’essence (MoGas), le diesel (Gas Oil), le carburant d’aviation (Jet A1) et le diesel marin (marine gasoil). Ce contrat arrive à échéance le 31 juillet. «Si tous les documents avec l’Inde sont signés à temps, l’approvisionnement à partir de ce pays pourrait débuter dès le 1eᣴ août.»

Suttyhudeo Tengur, président de l’Association pour la protection de l’environnement et des consommateurs, estime que «c’est une bonne décision de collaborer avec l’Inde pour les produits pétroliers, éléments essentiels pour la croissance économique. Il est crucial de garantir un approvisionnement continu dans le pays.» Le recours à un courtier, dit-il, augmente le coût du carburant. «Dans le contexte actuel, les courtiers risquent de facturer davantage. Un accord direct avec la société indienne sera dans l’intérêt du pays.»

Bhim Sunnassee, président de la Petrol Retailers Association, est d’accord que «sans courtier, ce sera un avantage. Mais attendons voir combien nous paierons les produits pétroliers.»

L’huile lourde

Concernant l’huile lourde (heavy fuel oil) pour la production d’électricité par le Central Electricity Board (CEB), le ministre Sik Yuen a rappelé que l’embarquement a été perturbé au port de Fujairah, ville des Émirats arabes unis. Cette cargaison d’environ 34 500 tonnes métriques qui devait quitter ce port les 7 ou 8 mars, puis le 9 mars, n’est jamais partie, les opérations au terminal ayant été suspendues. «La cargaison devrait finalement être chargée à Singapour autour du 18 mars». Il assure qu’il n’y aura pas de perturbation dans l’approvisionnement. «Nous avons différents plans : le plan A avec le fonctionnement normal, le plan B avec un appel d’offres ouvert dans un délai de 48 heures, ainsi que d’autres options si nécessaire.»

Fluctuations du marché pétrolier : Les prix des carburants restent sous pression

Les prix des produits pétroliers restent particulièrement instables dans le contexte du conflit Israël-Etats-Unis vs l’Iran au MoyenOrient. En début de semaine, les cours du pétrole ont fortement grimpé, atteignant jusqu’à 119,50 USD le baril, leur niveau le plus élevé depuis la mi-2022.

Toutefois, les marchés ont rapidement réagi aux déclarations du président américain, Donald Trump, à l’effet que le conflit avec l’Iran pourrait «se terminer bientôt». Propos qui ont entraîné une chute d’environ 10 % des prix mardi, faisant reculer le baril du baril de référence WTI à 85,21 USD.

Washington a également annoncé une autorisation temporaire pour la vente de pétrole russe stocké sur des navires. Depuis, les cours du brut se maintiennent en dessous de la barre des 100 USD. Hier, 13 mars, le baril s’échangeait autour de 94,03 USD. Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, les prix du pétrole ont augmenté d’environ 40 %. Avant cette flambée, le baril évoluait depuis plusieurs mois dans une fourchette entre 60 et 70 dollars.

Le ministre Sik Yuen a averti qu’on ne peut exclure une éventuelle hausse des prix des carburants. Suttyhudeo Tengur avance que le prix du pétrole dépendra des cargaisons reçues. «Dans une situation de crise, il faut se préparer à une éventuelle hausse des prix.» Pour l’Association des consommateurs de l’île Maurice, «s’il devient nécessaire de revoir certaines contributions à la structure des prix suite à une hausse des prix sur le marché local, nous ferons appel au gouvernement afin de les revoir», déclare son secrétaire général Jayen Chellum.

Rappelons que toute révision des prix des carburants – à la hausse comme à la baisse – dépend de l’évolution du prix moyen payé sur les trois derniers mois ainsi que des prévisions pour les trois mois suivants. Une variation de plus de 4 % peut entraîner un ajustement, tout en tenant également compte du déficit du produit concerné.

Gaz ménager : Le stock disponible couvre plus de deux mois

Le ministre Sik Yuen a rassuré la population à propos du gaz ménager. «Nous avons plus de deux mois de stock. À ce jour, notre stock est de 8 722 tonnes métriques, et un nouvel arrivage de 7 000 tonnes métriques est attendu incessamment. Nous avons donc largement de quoi couvrir plus de deux mois.»

Les ruptures constatées dans certaines stations-services sont liées aux normes de sécurité. «Il y a un phénomène de panic buying. Les stations essence ne peuvent stocker plus de 150 bonbonnes mais les livraisons se font quotidiennement. Il y aura donc toujours du gaz disponible le lendemain.»

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