Football: à Angers, le gardien burkinabè Hervé Koffi a retrouvé la «dalle» et le sourire

Après une année à ronger son frein à Lens, Hervé Koffi revit à Angers. Devenu indiscutable dans les cages du SCO, le gardien international burkinabè a profité de ce prêt pour rebondir et servir de locomotive à un Angers qui devrait tranquillement assurer son maintien en Ligue 1.
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Quand il arrive en juin 2024 à Lens, Hervé Koffi est précédé d’une flatteuse réputation. Il est vu comme un numéro 1 bis, capable de bousculer Brice Samba déjà annoncé sur le départ. « En plus de faire preuve d’un état d’esprit exemplaire, Hervé incarne parfaitement les qualités requises d’un gardien de but moderne », confiait même le directeur général de Lens, Pierre Dréossi.
Son parcours parlait pour l’enfant de Bobo-Dioulasso. Arrivé en France en 2017 après s’être révélé au Burkina Faso avec Rahimo FC puis le RC Bobo, avant de franchir un cap à l’ASEC Mimosas, Koffi a longtemps patienté. À Lille, il découvre la Ligue 1 derrière Mike Maignan. À Belenenses puis Mouscron, il enchaîne les matchs, jusqu’à devenir l’un des meilleurs gardiens du championnat belge. Charleroi confirme son statut : saison pleine, arrêts décisifs, leadership naturel.
C’est cette version-là qu’attendait Lens. Mais le contexte artésien et la concurrence de Brice Samba l’empêchent de s’installer durablement. « Avant d’arriver à Lens je sortais d’une saison complète à Charleroi. Et c’est vrai que quand je suis arrivé, je n’ai pas tout de suite enchaîné. J’étais la deuxième option et j’ai dû patienter pendant un bon bout de temps pour pouvoir jouer quelques matchs* », raconte-t-il. Mais quand il a eu sa chance, Koffi l’a souvent laissée passer. Après le départ de Brice Samba à Rennes, Lens perd cinq fois lors des six titularisations de Koffi. Le Burkinabè retrouvera le banc des remplaçants jusqu’à la fin de la saison.
Déjà cadre à Angers
Pourtant, il refuse de parler d’échec pour évoquer cette année lensoise. « Je ne qualifierais pas cela d’échec. Je suis croyant, j’ai ma foi. Et je dirais que chaque chose a son temps. Peut-être que quand je suis arrivé au début à Lille, je n’étais pas assez aguerri pour être lancé tout de suite dans le bain. Il me fallait aussi beaucoup d’expérience. J’étais jeune, j’avais 20 ou 21 ans. Et à l’époque j’étais en concurrence avec Mike Maignan, un gardien qui était très très fort. À Lens, j’ai aussi été content d’apprendre auprès de Brice Samba », confie aujourd’hui l’Étalon au cours d’un entretien organisé par la Ligue de football professionnel.
L’été dernier, Angers lui ouvre donc une porte et lui confie un rôle central. « Il a été annoncé que je venais à Angers pour avoir du temps de jeu, mais dans ma tête c’est comme si je venais en mission. Parce que je savais que je devais participer d’abord au maintien, aux objectifs du club. Et j’avais aussi mes objectifs personnels : enchaîner les matchs, être performant et montrer ce que je savais faire. » La mission prend forme. Koffi enchaîne les titularisations, rassure derrière et tire le groupe vers le haut. « Ce que j’aime le plus, c’est pouvoir aider l’équipe. On est 11e du classement et ça me fait plaisir. Je donnerai tout pour qu’on puisse aller le plus haut possible avec ce club. »

Son sourire tranche désormais avec la frustration de la saison précédente dans le Nord. Sur le terrain comme en dehors, le cadre angevin lui offre un environnement stable, essentiel pour performer dans la durée et représenter fidèlement la « dalle angevine », le slogan du sport à Angers.
Reste l’inévitable question de l’avenir. Toujours sous contrat avec Lens, Koffi sait que sa belle saison à Angers ne passera pas inaperçue. Lui refuse de se disperser. « Je ne sais pas. Pour le moment je suis sous contrat avec Lens. Donc on verra bien ce qui va se passer, ce qu’ils vont décider. Le plus important pour moi c’est d’être heureux, de prendre du plaisir et de continuer à progresser, de continuer d’être performant sur le terrain. Donc je laisserai mes agents décider avec les clubs : le SCO, Lens et les autres clubs qui vont frapper à la porte. »
*Les propos d’Hervé Koffi ont été recueillis par Eric Mamruth



