Ile Maurice: Dharam Gokhool – «Plus de 1 500 enquêtes et Rs 20 milliards sous investigation»

La Financial Crimes Commission (FCC) a renforcé sa mobilisation contre le trafic de drogue à Maurice, en impliquant à la fois les institutions publiques et la société civile. Selon le président de la République, Dharam Gokhool, plus de 1 500 enquêtes sont en cours, avec environ Rs 20 milliards d’avoirs sous investigation. Ce dispositif combine répression, prévention et sensibilisation pour frapper non seulement les trafiquants, mais aussi leurs ressources financières.
Dans ce cadre, un atelier a été organisé le 10 mars au Lecture Theatre de la FCC à Moka, en partenariat avec la National Agency for Drug Control (NADC). Cette rencontre visait à renforcer la coopération entre les institutions, et à encourager une mobilisation collective face à la montée du trafic de stupéfiants et ses ramifications financières. La présence de plusieurs acteurs clés du secteur public et de la société civile a souligné l’importance accordée à une approche globale combinant répression, prévention et sensibilisation.
Dans son discours d’ouverture, le directeur général (DG) par intérim de la FCC, Titrudeo Dawoodarry, a souligné que la commission demeure pleinement engagée dans la lutte nationale contre les crimes financiers liés au trafic de drogue. Selon lui, l’objectif est non seulement de démanteler les réseaux criminels, mais aussi de frapper leurs ressources financières afin de les affaiblir durablement.
Biens saisis : Rs 90 M
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Le responsable de la FCC a donné un aperçu des actions menées par l’institution pendant l’année écoulée. En 2025, plusieurs mesures temporaires sous forme d’attachment orders criminels et civils ont été appliquées, principalement dans des affaires liées au trafic de drogue. La valeur totale des avoirs concernés par ces attachment orders s’élève à environ Rs 9,9 milliards, tan- dis que les biens déjà confisqués représentent environ Rs 90 millions. Ces mesures visent à priver les trafiquants des profits tirés de leurs activités illégales. Les récentes opérations menées démontrent également l’intensification des actions sur le terrain.
Au cours des huit derniers jours avant l’atelier, la FCC a effectué dix perquisitions, procédé à neuf arrestations et sécurisé ou saisi des actifs dépassant Rs 100 millions. Actuellement, 109 affaires sont devant les tribunaux, dont 17 directement liées à des infractions liées à la drogue.
Un défi international
Au-delà des chiffres, Titrudeo Dawoodarry a tenu à rappeler que la problématique de la drogue dépasse largement le cadre statistique :«Deryer sak statistik lor ladrog, ena bann realite bien dir. Ena enn mama ki pe plore parski so zanfan finn perdi so lavenir dan ladrog. Ena enn papa ki finn retrouv so garson mor dan enn kwin lari. Ena bann ti-zanfan ki pe grandi san zot paran parski ladrog finn detrir zot fami. Se pa zis bann sif – se bann sitiasion lavi reel, bann douler reel, bann problem reel ki nou bizin regle. Se pou zot, pou nou zanfan, pou nou fami, ki nou pe amenn sa batay-la – ek nou pa pou arete.»
Prenant la parole, le président de la République, Dharam Gokhool, a rappelé que le thème de cet atelier s’inscrit dans une problématique qui dépasse largement les frontières de Maurice. Selon lui, la croissance du lien entre trafic de drogue et crimes financiers constitue aujourd’hui un défi majeur pour de nombreux pays. Il a évoqué sa récente visite au Mauritius Prisons Service dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes, qui lui a permis de constater la réalité de la situation carcérale féminine. Actuellement, 221 femmes sont détenues, dont près de la moitié sont des ressortissantes étrangères venant de 26 pays différents incarcérées pour des délits liés au trafic de drogue.
Le président a également rappelé l’ampleur du travail mené par la FCC. Selon lui, ces crimes financiers ne sont pas de simples infractions économiques. Ils ont des conséquences directes sur la stabilité économique du pays, la crédibilité des institutions publiques et la confiance des citoyens. Parallèlement, les forces de l’ordre poursuivent leurs opérations contre les réseaux de trafiquants. Au cours des derniers mois, plusieurs opérations menées conjointement par la Mauritius Revenue Authority et l’Anti-Drug and Smuggling Unit ont permis des saisies importantes, notamment une cargaison d’héroïne d’une valeur de plus de Rs 31 millions à l’aéroport.
Le DG de la NADC, le Dr Fayzal Sulliman, a, pour sa part, insisté sur l’importance de la collaboration entre les différentes institutions impliquées dans cette lutte. Il a estimé que le partenariat entre la FCC et la NADC intervient à un moment crucial. Selon lui, la lutte contre la drogue ne peut reposer uniquement sur les arrestations et les saisies. Elle doit également intégrer la prévention, l’engagement communautaire, l’intelligence financière et une approche de santé publique. «Si nous restons passifs et que nous ne faisons rien, les conséquences pourraient être encore plus graves. Le moment d’agir, c’est maintenant.»



