Est de la RDC: le parquet antiterroriste français ouvre une enquête après la mort d'une humanitaire à Goma

L’humanitaire française Karine Buisset, qui travaillait à Goma pour l’Unicef, a été tuée le 11 mars 2026 dans une explosion qui a visé son domicile. Ce 13 mars, le parquet national antiterroriste français annonce l’ouverture d’une enquête « de flagrance contre X du chef de meurtre constitutif de crime de guerre ».

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Avec notre correspondante à Kinshasa, Paulina Zidi

Selon le communiqué, le pôle de répression des crimes internationaux du parquet national antiterroriste français a ouvert, le 12 mars « une enquête de flagrance contre X du chef de meurtre constitutif de crime de guerre ». Les investigations, toujours selon le texte, devront éclaircir « les circonstances de commission des faits » et « tenir informés les proches de la victime ».

Ce type d’enquête est quasiment automatique lors de la mort d’un ressortissant français à l’étranger dans ces circonstances : zone de conflit, crime de guerre, acte de terrorisme… Cela permet à la justice française de tenter d’établir les faits et de poser des actes judiciaires. Comme par exemple, des demandes de coopération avec le pays concerné. Ce cas-là s’annonce particulièrement compliqué puisqu’il s’agit du territoire de la RDC, mais dans une partie qui est actuellement sous le contrôle du groupe armé AFC/M23.

Il peut aussi y avoir des auditions, notamment de témoins, et aussi des demandes de collaboration avec la Monusco. La Mission des Nations unies s’est d’ailleurs rendue sur les lieux de l’explosion dès les premières heures ce 11 mars 2026 et a recueillis des éléments.

Il ne s’agit que d’une enquête préliminaire pour établir les circonstances de la mort de Karine Buisset. S’il y a assez d’éléments, dans un second temps, un juge d’instruction peut être saisi pour poursuivre les investigations.

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Des enquêtes également en cours à Kinshasa

À Kinshasa, les autorités ont officiellement annoncé que des enquêtes étaient en cours. Selon la ministre des Affaires étrangères, « le gouvernement congolais s’emploie à mettre toute la lumière sur les circonstances de cet incident qui est survenu à Goma ».

La Monusco et une équipe du mécanisme conjoint de vérification élargi de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) se sont rendues sur les lieux pour des constatations. Une source judiciaire dit à RFI que dans ces cas précis, quand un personnel onusien est impliqué, il y a normalement des mécanismes internes aux Nations unies qui doivent être activés.

Enfin, on peut rappeler aussi que la Cour pénale internationale (CPI) a annoncé en octobre 2024 la reprise de ses enquêtes en RDC, notamment sur les crimes commis dans cette province du Nord-Kivu.

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