Cote d'Ivoire: Assemblée nationale – Les députés renforcent leurs capacités

Dans la dynamique de renforcement des capacités des parlementaires, l’Assemblée nationale a achevé une série de formations destinées à ses différentes commissions permanentes. Initiée par le président de l’institution, Patrick Jérôme Achi, cette session visait à permettre aux députés, dont une grande partie effectue ses premiers pas dans l’hémicycle, de s’approprier les mécanismes du travail parlementaire.
Après les commissions déjà formées les jours précédents, la dernière étape a concerné la Commission de la recherche, de la science, de la technique et de l’environnement (Crste) et la Commission de la Défense et sécurité (Cds). Les travaux se sont déroulés à la salle de la Rotonde et à l’Hémicycle, dans un cadre pédagogique mêlant exposés et échanges.
Comme annoncé depuis le premier jour, l’objectif de ces rencontres est de donner aux élus les clés nécessaires pour exercer efficacement leur mandat, comprendre les procédures parlementaires et mieux appréhender les responsabilités liées à leur fonction.
Dans cette dynamique, la première communication a été assurée par le secrétaire général de l’Assemblée nationale, Alain Acakpo-Addra, qui a entretenu les députés sur la connaissance de l’institution et les fondements de l’État moderne.
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Pour lui, la compréhension du rôle du parlementaire passe d’abord par la maîtrise du principe fondamental de la séparation des pouvoirs. « La séparation des pouvoirs est l’un des fondements de l’État moderne. Si le pouvoir n’est pas contrôlé, il peut devenir illimité et conduire à la dictature », a-t-il expliqué.
Il a rappelé que dans l’architecture institutionnelle ivoirienne, le Parlement exerce le pouvoir législatif et constitue l’un des piliers de l’équilibre démocratique. « Vous êtes les détenteurs du pouvoir de légiférer parce que les populations vous l’ont confié à travers le suffrage universel », a-t-il souligné devant les députés.
Alain Acakpo-Addra a également insisté sur les quatre missions essentielles du Parlement, telles que prévues par la Constitution à savoir, voter la loi, contrôler l’action du gouvernement, consentir à l’impôt et évaluer les politiques publiques. « Voter la loi, c’est donner un ordre à l’exécutif et aux populations. C’est une mission fondamentale, car l’action de l’État commence par les décisions que vous prenez ici », a-t-il indiqué.
Le secrétaire général a aussi mis en lumière l’importance du contrôle de l’action gouvernementale et de l’évaluation des politiques publiques. « Vous devez vous assurer que les lois que vous votez et les ressources que vous autorisez sont utilisées conformément aux décisions prises et qu’elles améliorent réellement la vie des populations », a-t-il insisté. Avant d’exhorter, dans la même veine, les députés à assumer pleinement leur rôle de représentants du peuple. « Le peuple exerce sa souveraineté par ses représentants élus. En venant ici, vous parlez au nom de millions d’Ivoiriens », a-t-il déclaré, puis inviter, par la suite, les élus à participer activement aux travaux des commissions, où se réalise l’essentiel du travail parlementaire.
Une session très appréciée
Selon Léandre Koffi, député de Yamoussoukro sous-préfecture, membre de la Crste, cette session constitue un outil précieux pour les nouveaux députés. « Cette formation est vraiment bienvenue. Elle nous permet de connaître les règles et les procédures pour élaborer les lois et défendre efficacement les populations », a-t-il confié.
Il a notamment retenu les subtilités liées aux démarches parlementaires. « Nous avons appris, par exemple, qu’un député ne peut pas écrire directement au président de la République. Le courrier doit passer par le président de l’Assemblée nationale avant transmission à l’exécutif », a-t-il expliqué.
Pour le président de la Crste, Albert Flindé, cette initiative répond à un besoin réel au regard du renouvellement important des élus. « La législature actuelle compte de nombreux nouveaux députés. Il était donc essentiel qu’ils maîtrisent les mécanismes d’élaboration des lois et les missions de l’Assemblée nationale », a-t-il indiqué. Avant d’indiquer que lui-même reconnaît tirer profit de cette session. « C’est la première fois que je siège effectivement. Cette formation va me profiter autant qu’aux nouveaux députés », a-t-il affirmé, saluant la qualité des modules présentés.
De son côté, la présidente de la Commission Défense et sécurité, Catherine Koné, a mis l’accent sur la responsabilité particulière liée aux questions de sécurité nationale. « Être dans cette commission sensible, c’est d’abord avoir l’amour de sa nation et être prêt à défendre la quiétude des populations », a-t-elle déclaré.
Elle a rappelé que la paix demeure la condition essentielle du développement. « Sans la paix et la sécurité, il ne peut pas y avoir de développement ni même d’activité parlementaire efficace », a-t-elle insisté.
Au terme de cette série de formations, les députés disposent désormais d’outils renforcés pour assumer leur mandat. Une étape importante pour consolider l’efficacité du travail parlementaire et répondre aux attentes des citoyens.



