En Éthiopie, des officiers de la marine décorés dans un pays dépourvu d'accès à la mer

Plusieurs officiers de la marine ont été promus lors d’une cérémonie lundi 9 mars. Le commandant en chef de la marine éthiopienne a remis des grades basés sur « les années de service et la résistance aux défis opérationnels ». Une annonce qui peut surprendre pour un pays enclavé et sans fleuve navigable.
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Un immeuble mais pas de flotte. La marine éthiopienne dispose d’un grand bâtiment moderne pour son état-major, flambant neuf, dans la capitale, Addis-Abeba. Inauguré en septembre dernier, comme un symbole de la renaissance de la marine, il est sorti de terre par la volonté du Premier ministre Abyi Ahmed.
Depuis son arrivée au pouvoir en 2018, Abiy Ahmed a recréé une force navale. En même temps, le chef d’État cherche un accès à la mer pour son pays qui dispose du territoire enclavé le plus peuplé au monde. L’objectif : renforcer la souveraineté nationale et réduire la dépendance avec le port de Djibouti par lequel passe presque tout son transit commercial.
En 2019, l’Éthiopie a signé un accord avec la France pour la formation de ses officiers, entraînés principalement dans la base française de Djibouti.
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Plus récemment, Addis-Abeba a aussi signé un accord avec la Russie, il y a un an, pour développer ses capacités navales. Des capacités qui restent pour le moment à l’état embryonnaires et surtout sans port d’attache.
Mais le premier ministre Abyi Ahmed est déterminé à trouver un accès à la mer Rouge. Il le répète, c’est « vital et existentiel » pour les 130 millions d’Éthiopiens. En 2024, l’Éthiopie a signé un accord avec le Somaliland pour exploiter une partie du port de Berbera.
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Et le pays ne masque pas sa volonté d’avoir accès au port d’Assab, en Érythrée, que le gouvernement désigne comme le port naturel et historique de l’Éthiopie. À l’origine, c’est dans ce port qu’était en partie basée la marine éthiopienne sous l’empereur Hailé Selassié, supprimée à l’indépendance de l’Érythrée en 1993.
Une requête qui alimente les fortes tensions entre les deux pays. Selon l’analyste spécialiste de la Corne de l’Afrique, Patrick Faure, avec « le manque de moyens et de port d’attache, il faudra encore beaucoup de temps pour créer une marine opérationnelle et efficace ».
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