Mali: Ousmane Diallo, militant des droits des peuls, détenu depuis deux ans par la Sécurité d'État

Cela fait deux ans tout juste, ce jeudi 12 mars 2026, qu’Ousmane Diallo, membre de l’organisation communautaire peule Tabital Pulaaku, a été enlevé au Mali. Selon les informations de RFI, il est détenu au secret, en dehors de toute procédure légale, par les services maliens de la Sécurité d’État. Ses proches ont eu de rares et inquiétantes informations sur ses conditions de détention.

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En deux ans, sa femme, ses enfants et ses amis n’ont eu de nouvelles d’Ousmane Diallo qu’à deux reprises : lorsque d’anciens détenus qui l’avaient côtoyé dans une prison secrète de la Sécurité d’État ont été libérés. Et qu’ils ont pu témoigner des mauvais traitements qui leur avaient été infligés, entassés, une dizaine dans une petite pièce sans toilettes et manquant de nourriture.

Le 12 mars 2024, Ousmane Diallo a été enlevé en pleine rue, à Bamako, par des hommes encagoulés à bord d’un 4×4 aux vitres teintées. Il sortait de chez Hamadoun Dicko, ancien président de la section jeunesse de Tabital Pulaaku au Mali, qui venait juste d’être relâché après avoir lui-même été détenu plusieurs mois par la Sécurité d’État.

Ni les proches d’Ousmane Diallo, ni les cadres de l’association Tabital Pulaaku joints par RFI, n’ont été informés du motif de cet enlèvement. Une source sécuritaire malienne confirme à RFI que ce défenseur des droits des peuls est toujours aux mains de la Sécurité d’État, accusé d’être en lien avec des groupes jihadistes.

Aucun élément n’a cependant été fourni, et depuis deux ans, le cas d’Ousmane Diallo n’a pas été transmis à la Justice. Son entourage dément catégoriquement ces accusations et dénonce plutôt un différend avec un autre représentant de la communauté peule, Sékou Bolly, conseiller du gouvernement de transition et notoirement proche des services maliens. Sollicité par RFI, Sékou Bolly n’a pas donné suite.

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