Éthiopie: le parti du Front populaire de libération du Tigré en péril

Le 18 février 2026, le Front populaire de libération du Tigré (TPLF) a célébré son 51e anniversaire dans un contexte très tendu au Tigré. Le parti tigréen, architecte de la modernisation du pays, a dirigé le pays au sein d’une coalition durant près de 30 ans. Mais l’organisation historique peine aujourd’hui à passer outre les multiples crises qui la traversent.

De notre correspondante de retour de Mekele Shire,

Biruk arrange quelques bouteilles sur le comptoir de son échoppe située à deux pas de la gare routière de Shire. Le jeune commerçant est anxieux : « En ce moment, la situation au Tigré est très tendue. On entend beaucoup de choses. Alors que nous, tout ce que nous voulons, c’est la paix. »

Depuis un mois, cette région d’Éthiopie connaît un regain de tensions, après des affrontements entre l’armée fédérale et les Forces de défense du Tigré, bras armé du TPLF. Ces combats font craindre une nouvelle guerre, alors même que le parti régional peine déjà à se remettre des multiples crises qui le traversent depuis une dizaine d’années.

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Le camp de Getachaw Reda s’oppose à celui de Debretsion Gebremichael

La scission du TPLF en deux camps, en mars 2023, est l’une des crise les plus importantes, explique Yohannes Woldemariam, professeur de relations internationales à l’université du Colorado : « D’un côté, il y a Getachaw Reda et quelques généraux, qui sont maintenant du côté du Parti de la prospérité du Premier ministre. Et de l’autre côté, il y a Debretsion. »

Debretsion Gebremichael est le leader du TPLF qui, officiellement, ne fait plus partie du paysage électoral. En mai 2025, il a été radié par la Commission électorale, pour avoir manqué aux obligations prévues par l’instance. Un coup de massue pour ce parti emblématique, sur lequel s’appuie désormais la concurrence pour se faire une place.

Kinfe Hadush, président du parti d’opposition Sawet, décrypte : « Depuis qu’Abiy est arrivé au pouvoir, les Tigréens se sentent plus vulnérables. Aujourd’hui, non seulement, le TPLF ne représente plus les intérêts du Tigré, mais il n’a en plus aucun agenda spécifique. Le TPLF veut juste mobiliser la population pour la guerre. Mais le peuple résiste, il ne veut pas participer à cette guerre. »

Le TPLF rencontre des problèmes internes et sa popularité est en berne

De son côté, le vice-président du TPLF, Amanuel Assefa l’assure : le TPLF a encore un avenir. « Je reconnais que le TPLF doit résoudre de nombreux problèmes. Je ne peux pas dire que le parti bénéficie du même soutien qu’auparavant. Et d’ailleurs, si le TPLF n’est pas accepté par le peuple, il sera destitué, et un autre parti prendra le pouvoir. Mais ce n’est pas le cas. Le gouvernement fédéral conspire pour démanteler le parti par tous les moyens », martèle-t-il.

En octobre 2025, le gouvernement éthiopien a dénoncé « une collusion évidente entre le gouvernement érythréen et le TPLF », dans l’optique d’une nouvelle guerre à venir.

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