Regain de tensions au Tigré: «Nous ne voulons pas la guerre», assure le Premier ministre éthiopien

« Nous ne voulons pas la guerre », a affirmé ce 5 mars 2026 le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, sur fond de craintes d’un nouveau conflit dans l’État régional du Tigré, le plus au nord de l’Éthiopie, autour duquel la situation est de plus en plus tendue.
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« Nous ne voulons pas la guerre », a affirmé jeudi 5 mars le Premier ministre d’Éthiopie Abiy Ahmed, qui tente de se montrer rassurant face au regain de tensions dans la région du Tigré.
Des tensions qui surviennent trois ans après la fin d’un conflit particulièrement meurtrier, qui avait opposé de 2020 à 2022 l’armée fédérale éthiopienne – appuyée par des milices locales et des soldats érythréens – aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).
Appel au « dialogue »
Mercredi, dans un entretien accordé à l’AFP, le numéro deux du mouvement, Amanuel Assefa, avait accusé Addis-Abeba de se préparer « à lancer une guerre au Tigré ». Mais jeudi, dans une interview diffusée par l’agence de presse officielle Ethiopian News Agency (ENA), Abiy Ahmed a démenti. Il assure privilégier « le dialogue ».
Abiy Ahmed a pris la parole en tigrinya, la langue parlée dans la région du Tigré. Une initiative rare pour le chef du gouvernement.
Le Premier ministre éthiopien rejette les accusations du TPLF. « Nous pensons que les problèmes ne peuvent être résolus que par le dialogue. Nous ne voulons pas la guerre », assure-t-il. Il renvoie la balle au TPLF qu’il accuse au contraire de bloquer toute tentative de compromis. « Certains empêchent tout dialogue, privant la population de se réunir, de discuter, de poser des questions et de trouver des solutions », a-t-il déclaré.
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Tensions avec l’Érythrée
Sur le terrain, en tout cas, les signaux sont inquiétants : des affrontements ont déjà opposé forces fédérales et combattants tigréens en novembre dernier puis en janvier. Et, depuis plusieurs semaines, les mouvements de troupes s’intensifient de part et d’autre.
Dans ce contexte, un autre acteur inquiète : l’Érythrée voisine. Addis-Abeba soupçonne un rapprochement entre Asmara et le TPLF, qui dément. Dans l’entretien qu’il a accordé à l’ENA, Abiy Ahmed met en garde : si l’Érythrée tente de déstabiliser son pays, elle en paiera le prix. « Nous ne lui donnerons pas une nouvelle chance de nuire à notre peuple. Si elle tente quelque chose, je suis convaincu que ce sera sa dernière tentative », a prévenu le Premier ministre.



