Nigeria: des anglicans conservateurs se réorganisent en opposition à la nouvelle archevêque de Canterbury

Des membres d’un courant conservateur de l’Église anglicane ont annoncé la création d’un Conseil anglican mondial jeudi 5 mars à Abuja, la capitale nigériane, en réaction à la nomination de Sarah Mullally comme première femme archevêque de Canterbury, plus haute responsable religieuse de l’Église d’Angleterre et cheffe spirituelle de la Communion anglicane, qui compte des fidèles à travers 165 pays. Au cœur de ce divorce : la position de certaines églises anglicanes – surtout occidentales – sur la bénédiction des couples de même sexe et la nomination d’une femme pour la première fois à cette charge.
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Avec notre correspondante à Lagos, Harmony Pondy Nyaga
Des évêques d’un mouvement conservateur de l’Église anglicane, la Global anglican future conference (Gafcon), en provenance d’une cinquantaine de pays, sont réunis depuis lundi 2 mars à Abuja au Nigeria. Ils ont désigné jeudi un nouveau responsable religieux à leur tête, après avoir annoncé en octobre ne plus reconnaître la primauté de l’archevêque de Canterbury.
« Je ne suis pas un rival. Elle, elle est au siège de Canterbury. Moi, je suis dans la communion anglicane globale », a réagi l’évêque rwandais Laurent Mbanda, désormais à la tête d’un mouvement conservateur de l’Église anglicane très implanté en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Un mouvement qui est donc né de leur opposition à certaines évolutions de l’Église d’Angleterre, notamment la bénédiction d’union de personnes du même sexe.
Puis, la fracture s’est agrandie avec la désignation de Sarah Mullaly comme archevêque de Canterbury, considérée comme trop libérale. Sa nomination avait été considérée comme « dévastatrice » par l’archevêque Henry Ndukuba, de l’Église du Nigeria, pays où vivent 18 des 95 millions d’anglicans du monde. Il avait estimé que « la majorité des anglicans » ne souhaitent pas d’une femme à la tête de leur Église.
Un divorce de plus en plus consommé
La mise en place d’une instance dirigeante parallèle et autonome au sein de la Gafcon consomme un peu plus la rupture avec l’Église d’Angleterre dont ils ne reconnaissent plus la primauté de l’archevêque de Canterbury dans l’Union anglicane. « Nous reconnaissons qu’il y a de la souffrance et des divisions au sein de la famille, mais le Christ appelle son Église à être une », a réagi jeudi la communion de l’Église anglicane dans un communiqué.
Sarah Mullally, 63 ans, une ancienne infirmière mariée et mère de deux enfants, sera officiellement intronisée à la cathédrale de Canterbury le 25 mars.
L’Église anglicane est née en 1534 lorsque le roi Henri VIII a rompu avec l’autorité du Saint-Siège lors de la Réforme anglaise afin de devenir le chef de l’Église en Angleterre.
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