Éthiopie: un haut-responsable du Tigré accuse le gouvernement de se préparer à «lancer une guerre»

Un haut-responsable du Tigré, État régional du nord du pays, a accusé ce mercredi 4 mars 2026 les autorités éthiopiennes de se préparer « à lancer une guerre au Tigré ». Un climat de plus en plus tendu qui fait craindre un nouveau conflit.
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Au Tigré, au nord de l’Éthiopie, le climat est toujours plus tendu. Dans une déclaration choc, un haut responsable de la région a accusé le gouvernement de se préparer « à lancer une nouvelle guerre au Tigré ». Un conflit est fort probable, a-t-il affirmé.
Le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), parti politique qui a été banni par les autorités fédérales mais qui reste très influent au Tigré, reproche au gouvernement d’Addis-Abeba de ne pas appliquer les accords de paix de Pretoria signés en novembre 2022, qui ont mis fin au conflit de deux ans entre les deux parties. Au moins 600 000 personnes ont été tuées durant ce conflit au Tigré, selon une estimation de l’Union africaine.
Le TPLF affirme que la région est encerclée par les troupes fédérales.
Depuis plusieurs semaines, de nombreux soldats fédéraux se sont positionnés au Tigré. Des affrontements entre les forces du gouvernement et les forces tigréennes ont déjà eu lieu en novembre 2025 et en janvier 2026.
Le TPLF reproche au gouvernement de ne pas lui rendre les 40% du territoire du Tigré disputés depuis la fin de la guerre, ce qui fait que plus d’un million de Tigréens déplacés n’ont pas pu encore rentrer chez eux depuis la fin du conflit.
Accusation mutuelles de bellicisme
Cela fait plusieurs semaines que les deux parties s’accusent mutuellement de vouloir provoquer un nouveau conflit régional.
Le gouvernement fédéral accuse, lui, le TPLF de déployer ses troupes et de s’allier à l’Érythrée. Car les relations avec le pays voisin, frontalier du Tigré, sont aussi très mauvaises. L’Éthiopie a accusé l’Érythrée d’incursion sur son territoire. Asmara, de son côté, accuse Addis-Abeba de vouloir prendre le port d’Assab par la force. Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed multiplie en effet depuis des mois les déclarations sur sa volonté d’avoir un accès à la mer pour son pays.
L’Éthiopie et l’Érythrée s’étaient affrontées dans une guerre à grande échelle meurtrière de mai 1998 à juin 2000 pour le contrôle de plusieurs localités frontalières.
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