Soudan du Sud: Médecins sans frontières toujours sans nouvelles de 26 de ses collaborateurs

Le 2 mars 2026, Médecins sans frontières (MSF) annonçait avoir perdu le contact avec 26 de ses employés dans l’État du Jonglei, au Soudan du Sud, où des combats entre factions rivales se sont fortement intensifiés ces dernières semaines. Deux jours plus tard, l’ONG était toujours sans nouvelles de ses collaborateurs qui se sont « dispersés partout dans la brousse », explique Marietta Nagtzaam, responsable adjointe de MSF Soudan du Sud. « Tant qu’on n’aura pas eu de contact avec eux, on ne pourra pas confirmer qu’ils vont bien », explique-t-elle.

Publié le : Modifié le :




3 min Temps de lecture

Médecins sans frontières (MSF) s’inquiète de l’aggravation de la crise humanitaire et sanitaire au Soudan du Sud. Le conflit dans ce pays s’est intensifié ces derniers mois, notamment dans l’État de Jonglei (centre-est) où l’armée régulière bombarde depuis un mois les zones contrôlées par les partisans de Riek Machar, vice-président déchu et en détention depuis près d’un an. Des zones où au moins 280 000 personnes ont été déplacées, selon l’ONU.

L’hôpital de MSF dans la ville de Lankien a d’ailleurs été touché par ces bombardements. L’ONG déplore avoir perdu le contact avec 26 de ses employés dans cet État à la suite des violences, explique Marietta Nagtzaam, responsable adjointe de MSF Soudan du Sud. « On a toujours notre staff sur le terrain, mais le problème est, qu’à cause de la récente hausse de la violence, ils se sont enfuis dans la brousse, explique-t-elle à Alexandra Brangeon. En ce moment, on a toujours 26 personnes de notre staff avec lesquelles on a perdu le contact. Ils sont dispersés partout dans la brousse, vers le nord, l’est, pour chercher de la sécurité. On ne sait pas si c’est juste parce qu’ils sont quelque part où il n’y a pas de réseau, mais tant qu’on n’aura pas eu de contact avec eux, on ne pourra pas confirmer qu’ils vont bien ».

« Tant qu’on n’aura pas eu de contact avec eux, on ne pourra pas confirmer qu’ils vont bien », Marietta Nagtzaam, responsable adjointe de MSF Soudan du Sud

Alexandra Brangeon

«Des témoins disent que toutes les structures de santé ont brûlé»

Marietta Nagtzaam poursuit : « On avait des structures de santé appuyées par MSF à Lankien et Pieri dans l’État de Jonglei. Il y avait beaucoup de violences et on n’est toujours pas en mesure d’y retourner. Mais il y a des témoins qui disent que toutes les structures de santé ont brûlé. Donc, présentement, les services médicaux ne sont plus présents là-bas. La population a fui dans différentes directions. Donc, dans d’autres endroits, on est en train de déployer nos activités et nos équipes pour fournir des réponses d’urgence, avec des cliniques mobiles. »

Le Jonglei est le théâtre d’importants affrontements entre l’armée loyale au président Salva Kiir et des milices soutenant son rival de longue date Riek Machar, placé en résidence surveillée depuis près d’un an et inculpé pour « crimes contre l’humanité ».

Le Soudan du Sud, plus jeune État du monde, est en proie à la guerre et à une corruption massive depuis son indépendance du Soudan en 2011.

Les Nations unies ont récemment mis en garde contre le risque d’un retour à une « guerre civile généralisée ». Un conflit sanglant entre les partisans de Salva Kiir et Riek Machar avait fait quelque 400 000 morts et quatre millions de déplacés entre 2013 et 2018.

À écouter aussiL’Invité d’Afrique Midi – Soudan du Sud: derrière les récents combats, les lignes de fracture de la guerre civile de 2013

source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Scroll to top
Close