Comores: à Moroni, les inquiétudes grandissent autour de la disponibilité du carburant

Aux Comores, le gouvernement est intervenu il y a moins d’une semaine pour rassurer la population sur la disponibilité des produits, notamment pétroliers, dans un contexte marqué par la guerre que mènent les États-Unis et Israël à l’Iran. Mais cette prise de parole semble avoir produit l’effet inverse. En effet, malgré les assurances des autorités affirmant que les stocks de carburant sont suffisants pour tenir trois mois, la tension reste palpable. Depuis quelques jours, de longues files d’attente se forment devant les stations-services de la capitale du pays.
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Avec notre correspondant à Moroni, Abdallah Mzembaba
À Moroni, certains automobilistes disent avoir passé la nuit dans leurs véhicules pour pouvoir faire le plein de carburant. Les autorités, de leur côté, excluaient toute pénurie ce mercredi 4 mars. Un discours que tient également la Société comorienne des hydrocarbures.
Ahmed Soudjay Kifia, conseiller en relation publique à la Société comorienne des hydrocarbures, se veut rassurant. « Le pays est dans une certaine panique, nous tenons à rassurer l’opinion, il n’y a aucune pénurie, affirme-t-il. Hier, nous avons rencontré quelques difficultés avec les camions, ce qui a entrainé des retards dans les livraisons vers les stations-services le matin. Nous n’avons aucun problème de carburant. Le bateau est arrivé récemment. Deuxièmement, le prochain bateau arrivera à la date convenue. Il n’y a aucun doute là-dessus. »
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Files d’attentes devant les stations-service
Malgré ces assurances, certains automobilistes ne décolèrent pas et restent sceptiques. Abdou, un automobiliste interrogé, est en effet rentré bredouille après de longues heures d’attentes. « Le problème, c’est que depuis 5 heures du matin, ma voiture est dans la file. Le gouvernement dit qu’il y a du carburant, pourtant nous sommes là et il n’y a rien, constate-t-il. Quand il y a du carburant, on ne reste pas longtemps dans les stations. Le gouvernement doit trouver une solution à ce problème. Au lieu de cela, le ministre nous dit qu’il y a du carburant, alors que lorsque je vais à la station, il y a une longue queue. Alors je me pose la question : est-ce le ministre qui ment, ou est-ce qu’on se ment à nous-mêmes ? »
Depuis mardi, la procureure de Moroni interdit la vente de carburant en bidons, certains automobilistes ayant commencé à constituer des stocks de carburant. Les autorités rappellent également que le stockage de carburant à domicile présente des risques d’incendie et d’explosion.
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