Guerre au Moyen-Orient: quelles conséquences économiques pour le Sénégal?

La guerre au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran, par lequel transite une grande partie des productions mondiales de pétrole et de gaz, entraînent une hausse significative des prix du pétrole sur les marchés internationaux. Quelles sont les conséquences économiques pour un pays comme le Sénégal ? Souvent perçue comme potentiellement favorable aux pays producteurs, cette augmentation du prix du pétrole va en réalité impacter négativement le budget du Sénégal.

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Avec notre correspondante à Dakar, Léa-Lisa Westerhoff

Sur le papier, l’augmentation du prix du baril à près de 80 dollars va permettre une hausse des recettes pour le Sénégal sur l’exploitation des hydrocarbures. À la place des 76 milliards de Francs CFA prévus par la loi de finances, l’État sénégalais devrait finalement encaisser un peu plus de 100 milliards de Francs CFA, soit un gain de 24 milliards, grâce à cette hausse du prix du pétrole.

Mais ce gain reste bien inférieur à l’ampleur de la facture que le Sénégal va devoir régler, vu qu’il subventionne largement le secteur énergétique. Le 6 décembre dernier, Dakar a, en effet, décidé de baisser le prix de l’essence et du diesel à la pompe en fixant le litre de supercarburant de 990 à 920 Francs CFA, et le gasoil de 755 à 680 Francs CFA. Dans le même temps, les autorités ont décidé d’augmenter les subventions sur le prix de l’électricité pour les ménages les plus défavorisés. 

Aujourd’hui avec un pétrole plus cher, si Dakar veut maintenir les prix qu’il a lui-même fixé pour l’essence et l’électricité, il va devoir compenser la différence, en clair, sortir plus d’argent des caisses de l’État.

Une charge budgétaire supplémentaire

Si la loi de finances prévoyait 250 milliards de Francs CFA de subvention pour un baril à un peu plus de 64,3 dollars, ce montant passerait à plus de 408,4 milliards de Francs CFA avec un baril à 77,2 dollars, selon un rapport du ministère du budget sur les risques budgétaires pour le Sénégal en 2026. Ce qui provoquerait un surcoût budgétaire d’environ 158 milliards de Francs CFA et donc une augmentation du besoin de financement de l’État.

Au total, l’effet net sur les finances publiques de l’augmentation du prix du pétrole est donc négatif pour le Sénégal. Malgré l’augmentation des recettes pétrolières, « le déficit public se dégraderait d’environ 117,2 milliards de Francs CFA, soit 0,5 point de PIB », selon ce même document sur les risques budgétaires du Sénégal.

Dans le contexte actuel « d’un budget déjà sous haute tension due au niveau d’endettement élevé du pays, ce n’est pas une bonne nouvelle », résume un analyste financier sous couvert d’anonymat. Celui-ci rappelle les récentes coupes faites dans les salaires des enseignants par mesure d’économie, justement dans le budget de l’État.

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