Boncana Maïga, flûtiste malien et figure majeure de la musique afro-cubaine, est décédé à Bamako

Le musicien malien Boncana Maïga, l’une des étoiles de la musique afro-cubaine, est décédé samedi 28 février 2026 à Bamako, dans son Mali natal. Flûtiste virtuose, il avait fondé des groupes emblématiques comme Las Maravillas de Mali ou encore Africando. Il était aussi un producteur de talent.
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Avec notre correspondant à Abidjan, Benoît Almeras
Boncana Maïga avait posé ses valises à Abidjan en 1973. « La Côte d’Ivoire m’a tout donné, j’ai tout donné à la Côte d’Ivoire », disait-il, résumant les liens étroits qu’il entretenait avec l’un de ses pays d’adoption. Venu du Mali, Il y a enseigné la musique à l’Institut national des arts et a co-dirigé le conservatoire national. Mais il devint surtout un producteur majeur de l’Afrique de l’Ouest dans les studios JBZ d’Abidjan, où des dizaines d’artistes ont appris le métier à ses côtés.
Pour Mory Touré, journaliste spécialiste de la musique africaine, c’est en Côte d’Ivoire que Boncana Maïga a pleinement exercé son talent d’arrangeur. « C’est en Côte d’Ivoire qu’il a vraiment exercé son travail d’arrangeur et qu’il a accompagné la créativité musicale africaine. Il a tenu la main à beaucoup de gens. Alpha Blondy, Boncana Maïga a arrangé ses cinq premiers albums. Il est aussi à la base de la révélation de beaucoup de talents », souligne-t-il.
Parmi ces artistes figurent Kandia Kouyaté, Oumou Sangaré ou encore Aïcha Koné. Cette dernière s’était révélée dans les années 1970 au sein de l’orchestre de la Radio Télévision Ivoirienne, dirigé alors par Boncana Maïga. La chanteuse confie avoir perdu un père : « Boncana, je ne sais pas quoi dire… C’est le papa qui me donnait du réconfort. Il me tapait dans le dos, il m’a donné confiance. Il m’a engagée comme choriste pendant quatre ans de formation avant de faire connaître ma première chanson, arrangée par M. Boncana lui-même. »
Pour Aïcha Koné, Boncana Maïga laisse aussi une chanson, « Mariétou », un tube enregistré à Abidjan en 1984.
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