Le Zimbabwe interdit l'exportation de tous ses minerais bruts, notamment le lithium

Le Zimbabwe a ordonné le 25 février 2026 l’interdiction de toute exportation de minerais bruts, une mesure destinée à renforcer le contrôle du gouvernement sur ses ressources minières essentielles à la transition énergétique. Elle avait déjà été envisagée, et ce n’est pas anodin dans ce pays, premier exportateur de lithium d’Afrique.
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Le Zimbabwe suspend ses exportations de concentrés de lithium et de l’ensemble de ses minéraux bruts, non transformés, une annonce mercredi 26 février pour inciter les entreprises minières à installer des unités de transformation dans le pays.
Mesure prise « dans l’intérêt national » : ce sont les mots du ministre zimbabwéen des Mines Polite Kambamura. La transformation locale des minerais permettrait de créer plus de valeurs sur le territoire zimbabwéen, d’exporter à de meilleures conditions et donc d’accroitre les retombées économiques.
Le lithium au cœur de la bataille Pékin-Washington
Harare figure parmi les principaux producteurs mondiaux de lithium, avec des ressources estimées à 126 millions de tonnes, selon les données officielles. Ce minerai stratégique, très recherché pour les batteries électriques, est au cœur de la bataille entre Chine et États-Unis.
Au Zimbabwe, ce sont justement les Chinois qui dominent le secteur et exploitent les gisements pour envoyer le lithium dans leurs raffineries. Des milliards de dollars ont ainsi été investis. Mais Harare réclame désormais des usines de raffinage sur son sol. Et l’interdiction ne sera levée que si les entreprises minières se conforment aux exigences du gouvernement.
Deux d’entre elles sont bien avancées sur des projets d’usine. Pour les autres, il faudra s’activer car le message du gouvernement est clair : l’exportation de minéraux bruts n’est plus une option.
Outre le lithium, le Zimbabwe dispose d’importantes réserves de métaux du groupe platine (qui comprend notamment le rhodium et le palladium), de cuivre et de nickel. Selon les données de la Banque mondiale, l’exploitation minière est le deuxième plus grand contributeur au PIB du pays, à hauteur de 14,3 %.
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