France: début du procès pour cyberharcèlement d’Imane Khelif, star de la boxe algérienne

Jeudi 26 février 2026 s’ouvre au Tribunal de Paris le procès de l’influenceur d’extrême droite Papacito, accusé de cyberharcèlement à l’encontre de la boxeuse algérienne Imane Khelif, devenue championne olympique durant les Jeux de Paris 2024. Au cœur d’une polémique liée à son genre, Imane Khelif a subi une campagne de haine et de désinformation qui l’a poussée à porter plainte.

Publié le : Modifié le :




4 min Temps de lecture

Été 2024 en France, alors que les Jeux olympiques battent leur plein à Paris, notamment au stade de Roland Garros : la boxeuse algérienne Imane Khelif devient championne olympique dans la catégorie des moins de 66 kilos, au terme d’une aventure parfaite, construite combat après combat. Un sacre qui est entré dans l’histoire, car l’Algérienne, 26 ans à l’époque, a dû lutter contre la haine en ligne, qui a explosé quelques minutes après son premier combat contre l’Italienne Angela Carini : des centaines de milliers de messages relayant de fausses informations remettent en question son genre et l’accusent d’être un homme.

Des figures comme le président américain Donald Trump ou encore la cheffe du gouvernement italien Georgia Meloni ont aussi participé à cette vague de haine à l’encontre de la pugiliste algérienne.

Selon Johanna Soraya Benamrouche, co-fondatrice de l’association Féministes contre le cyberharcèlement, justifier cette haine en ligne sous couvert d’une prétendue polémique n’est pas acceptable. « C’est tout simplement replacer la responsabilité, la culpabilité, sur le dos des victimes, alors que, en l’occurrence, tous ces débats n’étaient pas légitimes, et étaient évidemment des prétextes pour déverser des milliers d’insultes, un torrent de haine, en raison de son physique, de sa féminité supposée. Cela fait vraiment partie de la façon dont Internet est construit aujourd’hui : contre les femmes, contre les minorités de genre, contre les personnes minorées ».

Depuis le dépôt de plainte le 12 août 2024, la boxeuse Imane Khelif est devenue en quelque sorte une figure de la lutte contre le cyberharcèlement.

À lire aussiJO 2024: en boxe, l’Algérienne Imane Khelif est devenue championne olympique

« Imane Khelif est devenue un symbole d’au moins trois luttes »

L’enquête a mené à l’influenceur d’extrême droite Papacito – de son vrai nom Ugo Gil Jimenez – accusé également d’injure discriminatoire relayée sur les réseaux sociaux. Cet influenceur n’en est pas à ses premiers déboires judiciaires. Son premier scandale remonte à 2021 lorsqu’il a relayé une vidéo d’exécution d’un électeur de la France insoumise, parti politique de gauche.

Ce procès est donc important, alors que la boxeuse, selon Johanna Soraya Benamrouche, personnifie plusieurs combats : « Qu’elle l’ait voulu ou non au départ, Imane Khelif est devenue un symbole d’au moins trois luttes : contre les cyberviolences de genre, contre le cyberracisme et contre la remise en cause permanente de la légitimité des sportives des pays du Sud. Le fait qu’elle ait choisi de parler publiquement, puis de saisir la justice, l’inscrit dans une lignée de femmes qui refusent de disparaître face à la violence numérique. »

À lire aussiBoxe: Imane Khelif a pris un traitement hormonal avant les JO de Paris

À noter que, selon une enquête réalisée en novembre dernier par Point de Contact, Stop Fisma et Féministes contre le cyberharcèlement, 82 % des victimes de cyberharcèlement sont des femmes ou des filles.

Alors qu’attendre de ce procès ? Au-delà d’une peine exemplaire, des avancées concrètes dans la lutte contre les cyberviolences, selon la co-fondatrice de Féministes contre le cyberharcèlement, Johanna Soraya Benmarouche : « Ce qu’on attend avant tout, c’est une reconnaissance claire du caractère grave, systémique et discriminatoire des cyberviolences dont elle a été victime. Une peine dite « exemplaire » n’a de sens que si elle s’inscrit dans une politique globale : une meilleure prise en charge des victimes, des moyens renforcés pour les pôles spécialisés, de la coopération réelle des plateformes. Si on se contente d’un coup d’éclat sur un influenceur sans s’attaquer aux logiques algorithmiques qui rendent ce harcèlement rentable et viral, on passera à côté de l’essentiel. »

En France, le cyberharcèlement est puni de deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende.

À lire aussiBoxe: Imane Khelif lance la bataille judiciaire des tests de féminité

source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Scroll to top
Close