Soudan du Sud: «Où est le monde ?», s'alarme le chef des humanitaires de l'ONU

Le secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires humanitaires, Tom Fletcher, est en visite au Soudan du Sud depuis le vendredi 20 février. Le chef des humanitaires de l’ONU a pu constater par lui-même l’immense impact humanitaire de cette crise qui a fait plus de 280 000 déplacés en quelques semaines.

Publié le :




3 min Temps de lecture

De notre envoyée spéciale à Akobo, Florence Miettaux

Dans la cour de l’église d’Akobo, à la frontière avec l’Éthiopie, des centaines de déplacés, en majorité des femmes et des enfants, se tiennent sous le soleil pour accueillir Tom Fletcher. Maisons brûlées, civils attaqués : les déplacés brandissent des affiches dénonçant les actions de l’armée sud-soudanaise dans leurs villages.

Parmi eux, Nyapan Nyang Lual a fui son village de Lankien après des bombardements de l’armée sud-soudanaise. Elle parle avec Tom Fletcher en tenant sa petite-fille d’un mois dans les bras. Sa mère a été capturée par de jeunes bandits sur la route qui mène vers Akobo. Elle a dû marcher sept jours pour arriver jusqu’à Akobo. « Vous avez reçu de l’aide alimentaire ? », lui demande l’humanitaire. Nyapan Nyang lui répond par la négative.

À lire aussiLe Soudan du Sud, déjà dans une situation extrême, n’a jamais reçu si peu d’aide internationale

Dans son plaidoyer, Tom Fletcher a affirmé que de l’aide va arriver. « Toutes les personnes à qui j’ai parlé ont perdu des membres de leurs familles. J’ai parlé avec une femme qui a dû porter son fils de 19 ans paralysé sur son dos jusqu’ici, car toute sa famille a été tuée. Vous avez des mamans qui allaitent deux enfants qui ne sont pas les leurs », a observé, désolé, le fonctionnaire onusien.

En visite dans le pays depuis le vendredi 20 février, le secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires humanitaires s’est rendu dans le nord-est du pays, région ravagée par les combats depuis un an. Après une visite à Malakal, la capitale du Haut-Nil, Akobo a été la deuxième étape de son voyage. C’est ici, dans le nord-est de l’État de Jonglei que, depuis décembre, les affrontements se sont gravement amplifiés. Des combats qui opposent les forces armées du gouvernement de Salva Kiir et celles de l’opposition, composée de fidèles du vice-président Riek Machar, malgré un accord de paix signé en 2018.

Impressionné par la résilience dont font preuve les communautés face à l’horreur et la brutalité, il a appelé à l’arrêt des combats. « Les gens ici se demandent : où est le monde ? Et je pose la même question : où est le monde ? L’un des objectifs de la mission, c’est de s’assurer que nos humanitaires puissent travailler n’importe où sans obstacles. Mais surtout, nous devons arrêter ce conflit », a-t-il insisté.

Certains déplacés préfèrent traverser la frontière éthiopienne, de peur qu’Akobo, contrôlée par l’opposition, soit à son tour attaquée par l’armée sud-soudanaise.

À lire aussiSoudan du Sud: un «risque de violences massives contre les civils», s’inquiètent des experts indépendants de l’ONU

source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Scroll to top
Close