Sénégal: De pestiféré à Rennes à sauveur de l'OM, Habib Beye attendu au tournant

Habib Beye a été intronisé entraîneur de l’Olympique de Marseille ce mercredi. Deux jours plus tard, ce vendredi 20 février 2026, le coach sénégalais va diriger son 1er match, pour le déplacement à Brest. Une trajectoire bien particulière pour celui qui a été remercié par Rennes il y a une dizaine de jours, et qui devient le premier entraîneur africain titulaire de l’histoire de l’OM (le Marocain Nasser Larguet était intérimaire).

« Croyez en vos rêves, parce que parfois ils se réalisent ». Ces mots de Lucas Scott, dans Les Frères Scott, sied bien à la situation de Habib Beye. Lorsqu’il a été viré de Rennes le 9 février 2026, très peu s’attendaient à ce qu’il rebondisse aussi vite, et dans un club aussi prestigieux. Car oui, passer de Rennes à l’OM est un grand bond en avant pour l’ancien international sénégalais. Et sur le plan personnel, la symbolique est tout aussi grande puisque Beye a longtemps clamé son rêve de s’asseoir un jour sur le banc du club phocéen.

L’histoire est donc belle pour Habib Beye, qui aura à disposition un groupe bien meilleur que celui qu’il avait à Rennes. Ce vendredi, à 19h45, les Marseillais se déplacent à Brest pour la 23e journée de Ligue 1 avec Habib Beye sur le banc, et des ambitions déjà claires. 4es du championnat avec 40 points, le club phocéen a 5 unités de retard sur Lyon, 3e, alors que l’objectif fixé à l’entraîneur sénégalais est de finir sur le podium. Par ailleurs, les Phocéens sont toujours en lice en Coupe de France, avec un quart de finale à disputer contre Toulouse dans une dizaine de jours. C’est donc une fin de saison excitante qui attend les Marseillais et leur nouvel entraîneur.


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Sur le plan des compétences, Habib Beye a déjà prouvé sa valeur en tant qu’entraîneur. Il a offert le titre de National au Red Star, permis à Rennes de finir 12e alors qu’à son arrivée le club était 16e, et quitté ses fonctions alors que les Bretons étaient 6es de Ligue 1. En outre, sur le plan statistique, il est le 4e entraîneur le plus performant au 21e siècle à Rennes, pour ceux ayant dirigé au moins 30 matchs. Il affiche une moyenne de 1,53 point par rencontre (36 matchs pour 16 victoires, 7 nuls et 12 défaites). Seuls Bruno Genesio (1,68 ppm en 99 matchs), Guy Lacombe (1,64 ppm, 2008-2009) et Julien Stéphan (1,6 ppm, 2019-2021) font mieux. Tandis qu’avec 44,4 % de victoires avec Rennes, il est le 2e entraîneur rennais le plus performant, juste derrière Bruno Genesio (49,5 % de victoires). Tout le monde sait que les motifs de son départ étaient tout sauf sportifs.

Critiques racisées ?

Habib Beye n’a dirigé qu’un seul entraînement avec l’Olympique de Marseille, et il doit déjà faire face à des critiques, qui ont fusé bien avant sa nomination. Jérôme Rothen, par exemple, a fait une sortie virulente. « Habib Beye, en quoi il a la crédibilité pour entraîner l’OM aujourd’hui ? À part le copinage… Ce copinage a été fait aussi dans le recrutement de certains joueurs et de certaines personnes qui occupent des fonctions dans le club. C’est que ça. C’est un bordel sans nom. (…) Excuse-moi de penser qu’Abardonado a sûrement plus de crédibilité qu’Habib Beye pour entraîner l’Olympique de Marseille sur le court terme.

Plutôt que de te précipiter à faire un choix hallucinant, quand tu vois dans l’état dans lequel est le vestiaire de Rennes… Juste parce qu’il a l’étiquette du mec qui parle bien et de l’ancien joueur de l’OM… Jean-Pierre (Papin, ndlr) a plus de crédibilité ! », a-t-il lancé. Même son de cloche pour Johan Micoud dans L’Équipe. « Faire partir Roberto De Zerbi pour prendre Habib Beye en pensant aller chercher la troisième place, c’est un mystère. T’as un coach qui a le meilleur pourcentage de victoire de l’histoire du club, et parce qu’il a pris 5-0 contre Paris, tu t’en sépares ? L’objectif n’est pas loin par rapport à la 3e place. T’es encore dans les clous. Même si c’est lui qui a voulu partir, tu peux le retenir et le protéger. Ta solution aujourd’hui, c’est Habib Beye, qui n’a rien fait en un an et demi en Ligue 1, avec la pression que le contexte de l’OM implique… moi ça me paraît incohérent. »

Habib Beye semble donc déjà faire face au fameux plafond de verre qui attend inéluctablement les entraîneurs racisés, qu’ils soient africains ou non. Quand d’autres bénéficient d’une présomption de compétence, les techniciens noirs, africains sont tancés pour une supposée incompétence. En Ligue 1, par exemple, seuls Patrick Vieira, Jean Tigana, Claude Makélélé, Liam Rosenior et désormais Habib Beye, les entraîneurs noirs sont très peu nombreux dans l’histoire.

C’est donc un immense défi qui s’annonce pour Habib Beye, avec une première étape à Brest ce vendredi 20 février 2026.

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