RDC: opposants, artistes, militants et avocats dénoncent des arrestations abusives et arbitraires

En République démocratique du Congo (RDC), opposants, artistes, militants et avocats dénoncent des arrestations jugées abusives et arbitraires, attribuées notamment au Conseil national de cyberdéfense. Réunis au sein du Front de lutte contre les arrestations abusives et arbitraires (FLAAR), ils annoncent des actions de monitoring, de plaidoyer et de mobilisation contre ce qu’ils considèrent comme des dérives du pouvoir.
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Avec notre correspondant à Kinshasa, Pascal Mulegwa
Ces arrestations « ne sont plus des faits isolés mais des méthodes », tonne l’opposant Ados Ndombasi devant la presse. Il dénonce des interpellations en dehors des heures conventionnelles, sans mandat ainsi que des détentions de plusieurs mois sans motifs connus.
Cela s’accompagne de tortures, de traitements inhumains et dégradants, des méthodes pour faire taire les voix critiques, selon le Front : « Face à ces dérives inquiétantes, notre démarche n’est ni insurrectionnelle ni partisane. Elle est républicaine, elle est légale. Nous combattons des pratiques, un système qui est installé. Nous ne cherchons pas le chaos. Nous exigeons un État de droit. Le FLAAR se veut un rempart contre l’arbitraire et un instrument de vigilance démocratique. »
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De son côté, Joël Lamika, du Mouvement des Congolais révoltés affirme : « Nous aurons des manifestations dans les rues de Kinshasa, des marches et des sit-in pour dénoncer toutes ces arrestations. La plateforme va devoir saisir le corps diplomatique. Nous voulons étaler l’injustice et nous allons saisir les instances judiciaires. »
Pour Dhalia Tshilanda, du Cadre de concertation, ce mouvement réagit au silence des ONG des droits de l’homme devenues aphones, depuis quelques années : « De moins en moins, les ONG et les mouvements que nous avions connus qui dénonçaient hier, aujourd’hui – pour la plupart – se sont tus et nous savons comment. Nous sommes vraiment dans une démarche citoyenne qui veut protéger les libertés individuelles qui sont piétinées, alors qu’elles sont véritablement garanties par notre Constitution. »
Un numéro vert est annoncé pour recevoir les dénonciations et les documenter. Le FLAAR n’exclut pas non plus de saisir les instances internationales.
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