Madagascar: Pentathlon moderne – Un sport, cinq épreuves, Madagascar trace sa voie vers les Jeux olympiques

Le pentathlon moderne, discipline olympique née en 1912 sous l’impulsion du baron Pierre de Coubertin, fait peu à peu son chemin à Madagascar. Introduit en 2017, ce sport atypique, qui combine natation, escrime, tir au pistolet laser, course à pied et parcours d’obstacles, séduit une jeunesse avide de polyvalence et de défis. La Fédération malgache de pentathlon moderne (FMPM), présidée par Nathalie Randriamalala, porte haut cette ambition malgré des obstacles financiers et matériels considérables.

Une discipline unique par sa polyvalence. « C’est une discipline qui regroupe cinq épreuves : la course à pied, le tir au pistolet laser, la natation, l’escrime et le parcours d’obstacles », explique Nathalie Randriamalala, présidente de la Fédération malgache de pentathlon moderne.

Ce qui la distingue des autres sports ? La combinaison de ces cinq univers en une seule compétition. Les athlètes doivent être à la fois précis au tir, stratèges en escrime, endurants en natation et en course, agiles sur obstacles. Chaque épreuve est un test, et l’ensemble devient une véritable école de l’adaptabilité. Loin des sports monodisciplinaires, le pentathlon moderne forge des profils complets.


Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

Implantation et vulgarisation depuis 2017. Depuis son introduction, la FMPM multiplie les initiatives pour faire connaître la discipline. Championnats nationaux, tournées régionales, démonstrations lors d’événements sportifs locaux et communication active sur les réseaux sociaux, notamment via la page Facebook officielle, permettent de sensibiliser les jeunes. « La fédération ne cesse de faire de la vulgarisation », insiste la présidente. L’objectif est clair : créer une base solide de pratiquants et détecter les talents dès le plus jeune âge.

Préparation intensive

La préparation des compétitions internationales est exigeante. « Pour chaque championnat continental ou mondial, l’équipe nationale prépare un entraînement intensif pendant les deux mois précédents », souligne Mme Randriamalala.

Mais le coût du matériel reste un frein majeur. Un équipement complet, pistolet laser homologué, matériel d’escrime, maillots de natation et de course – avoisine 2 800 euros par athlète.

À cela s’ajoute le manque criant d’infrastructures : pas de piste aux normes, pas de stand de tir, pas de piscine adaptée, et un parcours d’obstacles estimé à 25 000 USD. La fédération, sans revenus propres, tente de négocier des partenariats et des contrats de sponsoring.

Succès historiques en 2025

Malgré ces contraintes, Madagascar a signé une entrée remarquée sur la scène continentale. Lors du Championnat d’Afrique et du Monde de Laser Run à Mossel Bay (Afrique du Sud, décembre 2025), Haroon Manjaka Rakotonindrainy a décroché l’argent en U19 garçons, tandis que Godefroy Rakotomalala Andriamizaka a obtenu le bronze chez les seniors. Chez les U15, Sitrakiniaina Naelah et Malala Nomenah se sont hissées dans le top 10 africain et mondial, pour leurs toutes premières sorties internationales.

« Étant une première participation, il y avait bien sûr du stress et de la pression », confie la présidente. Ces résultats, historiques, ont galvanisé la motivation des athlètes et de la fédération.

Ambitieux

Le chemin reste semé d’embûches. Les équipements sont chers, les infrastructures inexistantes, et la fédération fonctionne sans ressources propres. « Nous n’avons pas de piste, de stand de tir, de piscine aux normes internationales », déplore-t-elle.

Les besoins financiers sont immenses, mais la volonté demeure intacte. La recherche de sponsors et de partenariats est désormais vitale pour franchir un nouveau cap. La sensibilisation des jeunes reste au cœur de la stratégie.

L’objectif ultime est clair : participer aux Jeux olympiques de Los Angeles en 2028. Les étapes intermédiaires incluent les championnats nationaux, le Championnat d’Afrique en Égypte, le Championnat du Monde (Bulgarie ou Égypte), et les qualifications olympiques dès 2027. « Comme pour tous les sports, l’objectif est d’élever très haut les couleurs nationales sur la scène internationale », affirme la présidente.

Vision d’avenir

« Produire de nombreux athlètes qui représentent Madagascar ; produire de nombreux athlètes capables de défendre les couleurs nationales », conclut Nathalie Randriamalala. Le pentathlon moderne, encore jeune dans le paysage sportif malgache, incarne résilience et ambition.

Avec davantage de soutiens – de l’Union internationale de pentathlon moderne (UIPM), des sponsors et des autorités locales – il pourrait devenir un fleuron national. Inspirant une jeunesse avide de défis, il ouvre une nouvelle page de l’histoire sportive malgache.

source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Scroll to top
Close