Ile Maurice: Salaires, sécurité, transport – La CTSP monte au créneau

Les membres de la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP) ont effectué une visite dans une usine de transformation de poisson et de fruits de mer affiliée au syndicat, située à Port-Louis, lundi. Cette visite sur le terrain visait à recueillir les doléances des employés et à évaluer leurs conditions de travail, dans un contexte que le syndicat juge préoccupant.

Selon les travailleurs rencontrés, plusieurs décisions auraient été prises sans la concertation du Work Council, instance censée favoriser le dialogue social. Parmi les points soulevés figure la modification des dates de paiement des salaires. «Cela a été fait sans consultation. La loi mauricienne est là pour protéger les travailleurs», affirme Reeaz Chuttoo, président de la CTSP. Il soutient que ces changements seraient intervenus après le passage de la direction sous contrôle étranger, ce qui, selon lui, aurait coïncidé avec une détérioration du climat social.

Le syndicaliste évoque également un dossier en attente depuis plus d’un an devant la Commission de conciliation et de médiation concernant l’application de la section 26 de la Workers’ Rights Act, qui prévoit un salaire égal pour un travail de valeur égale. «Malgré les convocations, la situation n’a pas évolué. Des employés récemment recrutés percevraient des rémunérations équivalentes, voire supérieures, à celles de travailleurs ayant plusieurs années d’ancienneté», avance-t-il.

La CTSP fait aussi état d’un cas disciplinaire survenu l’an dernier, impliquant un employé mauricien suspendu durant deux mois à la suite d’une plainte déposée par un collègue étranger. Selon le syndicat, des témoignages recueillis ultérieurement auraient apporté un éclairage différent sur les faits. Le comité disciplinaire aurait finalement été dissous, l’une des parties n’ayant pas comparu.


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Pour la confédération, ce type d’incident contribue à un sentiment de malaise chez certains employés locaux. Elle estime par ailleurs que depuis deux ans, le recrutement accru de travailleurs étrangers aurait réduit les opportunités pour la main-d’oeuvre mauricienne, notamment pour des femmes intéressées par ce secteur d’activité.

Les travailleurs évoquent également des difficultés liées aux équipements et aux infrastructures : chaussures régulièrement trempées, équipements de protection jugés vétustes et uniformes non renouvelés depuis plusieurs années. Un accord antérieur permettant à certaines employées souffrant de varices de bénéficier d’aménagements aurait, selon le syndicat, été suspendu.

La question du transport du personnel suscite aussi des inquiétudes. Des plaintes auraient été formulées concernant la surcharge des véhicules et des lieux de dépôt éloignés des domiciles, parfois tard le soir. Des incidents, dont un départ de feu dans un bus et un accident à Melrose impliquant un chauffeur titulaire d’un permis provisoire pour véhicule privé, sont cités par la CTSP comme les exemples des risques encourus. Trois employés auraient été grièvement blessés lors de cet accident.

Sous couvert d’anonymat, un employé cumulant 20 ans de service confie continuer à travailler malgré les difficultés, principalement pour subvenir aux besoins de sa famille.

La CTSP affirme avoir porté ces préoccupations à l’attention du ministère du Travail, et appelle à un dialogue constructif entre direction, travailleurs et autorités. Pour le syndicat, l’enjeu est de garantir le respect des droits, la sécurité et la dignité des employés dans un secteur clé de l’économie.

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