Madagascar: «Le bloc opératoire a été dévasté», l'hôpital de Tamatave durement touché par le cyclone Gezani

À Madagascar, après le passage du cyclone Gezani, Tamatave n’est plus qu’une ville en sursis sanitaire. Le CHU de Morafeno, l’un des seuls hôpitaux de référence de la région, est ouvert aux quatre vents : les toitures se sont envolées, le matériel a pris l’eau. Les soignants tentent de maintenir une activité minimale dans un bâtiment en ruine.
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Avec notre envoyée spéciale à Tamatave, Aurélie Kouman
Au CHU de Morafeno, l’odeur de l’humidité est prégnante. Le plafond de la salle de réanimation a disparu. Le docteur Rafid Ramalalarivoa, le directeur de l’établissement, arpente des couloirs où l’eau stagne. Pour lui, le constat est sans appel. « Toute la toiture de l’hôpital a été dévastée, le bloc opératoire a été dévasté, tous les services de chirurgie, de traumatologie, tout ça… Donc, il n’y a plus rien qui reste ! Donc là actuellement, on essaie de faire fonctionner l’hôpital avec les moyens du bord. »
Ces moyens du bord, ce sont des lampes frontales et des pansements de fortune. Car durant la nuit du passage de Gezani, l’hôpital est devenu le seul refuge pour des centaines de blessés, alors que les murs tremblaient sous des rafales à 250 km/h. Tsinoa, infirmier anesthésiste, a dû gérer ce flux ininterrompu dans un chaos total. « La situation a été très grave, et très intense pour nous qui gérions la prise en charge. De 16h jusqu’à 2h du matin, durant le cyclone, nous avons été en situation d’urgence. Il a fallu gérer un flux massif de patients chaque heure. Il y avait des fractures, des plaies vasculaires. Il a fallu traiter les patients parfois dans l’obscurité. »
Pas de générateur d’oxygène, faute d’énergie suffisante
Aujourd’hui, l’hôpital est alimenté par un groupe électrogène dont le carburant est fourni par l’Unicef. Cependant, le générateur d’oxygène ne fonctionne pas, car le groupe ne parvient pas à délivrer la puissance nécessaire. Avec une ville dévastée à 75 % et une route nationale 2 coupée, les transferts vers la capitale sont impossibles. L’urgence est désormais au ravitaillement médical et au rétablissement d’un plateau technique opérationnel.
On est à peine au début de la période cyclonique. Nous avons quand même aussi 1 070 000 personnes qui vivent en insécurité alimentaire aiguë grave. On peut à peine atteindre 10 % des bénéficiaires qu’on avait prévus pendant cette période, qu’on appelle la période de soudure, qui dure jusqu’à avril plus ou moins, où nous avons besoin de 18 millions de dollars.
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