Madagascar : le premier port de commerce relance progressivement son activité

Le cyclone Gezani a causé des dégâts sur 60% du port de Tamatave, indispensable à l’économie et à la sécurité alimentaire du pays. Les premiers travaux ont permis d’accueillir de premiers bateaux à quai ce vendredi. Et les travaux d’agrandissement en cours ne devraient pas connaître de retard majeur. Relancer l’activité au plus vite est la priorité du Directeur général de la SPAC (Société du Port à gestion autonome de Toamasina), Heritiana Anicet Randriambahoaka. 

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RFI : Quels sont les dégâts sur le port de Tamatave ?

Heritiana Anicet Randriambahoaka : Les terre-pleins ont été les plus touchés. Les magasins de stockage sont ravagés à 95 %, toutes les toitures des entrepôts ont été emportées par le vent, comme une partie des conteneurs, des marchandises stockées ont été détériorées. Du côté du quai, les dégâts sont moindres, toutefois des équipements ont été endommagés. C’est le cas de la moitié de nos élévateurs qui déchargent les conteneurs, que nous sommes en train de réparer. 

Heureusement, des dispositifs de protection ont été mis en place. Les brise-lames, récemment prolongés, nous ont permis d’amoindrir l’impact de la puissance du vent. Je n’ose pas imaginer l’ampleur des dégâts sinon. Après ce cyclone, on peut attester que l’infrastructure tient la route et que l’on peut avancer sereinement dans la finition des travaux d’extension du port [lancés en 2018 pour augmenter fortement sa capacité et ainsi répondre à la croissance du trafic maritime à Madagascar et renforcer son rôle stratégique, NDLR].

Quels travaux avez-vous menés en urgence ? 

On s’est occupé du nettoyage des débris laissés par le vent et la mer sur les terre-pleins, pour rendre opérationnel l’entreposage. La remise en marche de nos remorqueurs et la réparation des équipements de déchargement des vraquiers, on a pu recommencer à servir ce type de navires, en priorisant les cargaisons de première nécessité.

Avec l’aide de tous nos partenaires, et surtout de l’équipe de la SPAC, nous avons donc réussi à relancer le port ce vendredi après une rupture de service de 48 heures. C’est une reprise progressive, mais l’autorité portuaire s’est fixé l’objectif de réduire au maximum le temps de fermeture du port pour avoir le moins d’impact possible sur l’économie de la ville et de Madagascar.

Comment la reprise totale de l’activité va-t-elle se faire ?

Nous allons continuer les travaux de remise en état. Mais pour amoindrir l’impact économique, nous sommes aussi tributaires d’autres facteurs, comme la remise en état de la route nationale pour la circulation des marchandises vers la capitale, et vice versa pour les exportations.

La prochaine étape est la prise en charge des navires porte-conteneurs, que l’on estime possible à partir de dimanche. Des navires attendent encore dans la rade, nous allons accélérer et fluidifier le traitement pour réduire leur temps d’attente afin qu’ils puissent reprendre ou démarrer les débarquements. Mais ça ne va pas les impacter tant que ça et ceux qui sont en route peuvent conserver leur itinéraire.

Les règles de priorisation d’accès au quai vont être appliquées, respectées. La grande majorité de l’aide expédiée par voie maritime arrivera au port de Tamatave, et sera prioritaire pour aider au plus vite la population de la ville, dont la plupart des familles se trouvent encore dans une situation de précarité.

Vos employés peuvent-ils reprendre le travail malgré leurs difficultés personnelles ?

Quasiment tous nos 470 employés ont été impactés par les destructions. Certains ont été blessés. Nous avons fait des donations en vivres, ainsi qu’en tôle et en clous pour qu’ils puissent réparer leur maison rapidement. On a donné des bons d’achat à certains. On souhaite que nos salariés puissent remonter la pente et revenir au travail. On s’organise pour ne pas impacter nos services et pour laisser à nos salariés le temps de soigner les blessés dans leurs familles respectives et de reconstruire leur maison.

Les travaux d’extension du port vont-ils être ralentis par les conséquences du cyclone ?

Il y aura certainement des retards, mais pas conséquents. On est déjà dans la phase finale. La plupart des équipements dont on a besoin sont déjà sur place. Le dispositif a été replié en prévision du cyclone. Le temps de remettre les choses en place et nous allons reprendre là où on s’est arrêté. Le retard sera plutôt dû aux deux jours de fermeture du port.

Nous maintenons le planning : livrer une partie du nouveau quai C4 d’ici la fin du mois de mars, ce qui va nous permettre de recevoir des grands bateaux de nouvelle génération à partir du mois d’avril, et l’ouvrir en entier à la fin de l’année. On est en train d’étudier le planning pour livrer la fin des travaux d’extension en 2029 comme prévu.

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