Maroc: le retour de la pluie salué par les agriculteurs malgré les inondations

Après sept ans de sécheresse, la nature reprend des couleurs au Maroc. Les précipitations abondantes de ces dernières semaines ont redonné de l’espoir aux agriculteurs. En quelques chiffres, il est tombé 121 millimètres de pluie entre septembre et janvier, le double d’il y a un an. Les barrages sont remplis à 65 % désormais, ils l’étaient à seulement 28 % auparavant. Certaines régions revivent, c’est le cas de Guelmim, dans le sud du pays, la « porte du Sahara ».

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Avec notre correspondant à CasablancaMatthias Raynal

Dans ce paysage désertique se pratique une agriculture de décrue. Lorsque le fleuve Noun sort de son lit, des terres jusque-là inhospitalières deviennent cultivables.

« Ils ont commencé à labourer les terrains qui étaient négligés, cela fait sept ou huit ans. Ça a commencé maintenant, je peux dire que plus de 30 % des terrains sont actuellement cultivés, surtout l’orge. « Espérons que ça continue encore à pleuvoir », explique Mohamed Mustapha Bendaoud, président de l’association AICHA pour le développement de proximité et l’environnement.

« On peut espérer une année record de production de céréales »

Élevage, cultures irriguées, toutes les filières vont profiter de ces pluies et en particulier la céréaliculture, qui a été frappée de plein fouet par la sécheresse. « On retrouve le Maroc d’avant, on retrouve les pluies qu’il y avait, on retrouve le froid. On peut espérer une année record aussi de production de céréales et, à ce moment-là, le gros problème auquel on sera confronté, c’est celui de la commercialisation. Quand on a une forte production, bien sûr les prix baissent et le deuxième problème, c’est celui de l’écoulement de la production excédentaire qu’il faudrait écouler sur d’autres marchés », précise Rachid Benali, le président de la Comader, la Confédération marocaine de l’Agriculture et du Développement rural.

Avec ces récoltes abondantes qui se profilent, le secteur agricole fait face à un autre défi, le manque de main-d’œuvre. Un problème récent au Maroc, qui risque de se renforcer cette année.    

Mais le soulagement du secteur agricole ne doit pas faire oublier le fait que le Maroc est aujourd’hui confronté à une sécheresse structurelle. Il faudra d’autres années pluvieuses pour reconstituer complètement ses réserves d’eau. À cause du réchauffement de la planète, le royaume doit d’ailleurs s’attendre à un climat de plus en plus aride.

« Les intempéries observées ces dernières semaines ne constituent pas un phénomène exceptionnel dans le sens strict. Elles traduisent donc un retour des précipitations très importantes et après une longue période de sécheresse, elles constituent un signe encourageant. Cela dit, il faut quand même préciser que ce n’est pas encore une sortie définitive parce que la sécheresse, ça reste structurel sur notre pays. C’est un épisode qui est favorable et très utile à court terme, mais ne change pas le diagnostic global, donc qui donne généralement une baisse des précipitations dans l’avenir. L’enjeu est donc désormais d’essayer de s’adapter à cette nouvelle réalité », note Houcine Youaabed, chargé de communication de la Direction générale de la météorologie.

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