Afrique de l'Est: Ethiopie/Erythrée – L'histoire bégaie dangereusement

Et ça recommence entre l’Ethiopie et l’Erythrée ! La patrie d’Hailé Sélassié somme son voisin de retirer immédiatement ses troupes de son territoire.
Le chef de la diplomatie éthiopienne dénonce en effet et de façon véhémente l’incursion de troupes érythréennes et leurs manoeuvres récentes avec des groupes rebelles éthiopiens.
Devant ce climat de tension, toujours est-il que des souvenirs douloureux ressurgissent des deux côtés de la frontière. Pour comprendre, il suffit de revisiter l’histoire. De 1961 à 1991, l’Erythrée a fait face à une longue guerre d’indépendance contre l’Ethiopie, qui s’est achevée par un référendum et une séparation pacifique en 1993.
Mais pour l’Éthiopie, ce fut surtout une grande perte. Avec l’indépendance d’une partie de ce qui était jadis ses terres, le pays devient enclavé et n’a donc plus accès à la mer. Dès lors, il s’est tourné vers le port de Djibouti pour son commerce internationalavec naturellement des frais plus élevés compte tenu de la distance.
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Ça laisse quand même des traces et la blessure est loin d’avoir totalement cicatrisé. Deuxième pays le plus peuplé d’Afrique après le Nigeria, et 10e de par son étendue, il va de soi que l’Ethiopie (1,127 millions de km2) est obsédée par la Mer Rouge. Et ça tombe bien: le « petit » voisin (101 000 km2) qui lui barre la vue est souvent provocateur à souhait.
Après cette guerre d’indépendance, une autre, plus sanglante celle-là, entre les deux nations s’est déroulée de mai 1998 à juin 2000, avec à la clef, la perte de dizaines de milliers d’hommes tués ou blessés lors du conflit qui s’est d’ailleurs achevé sur des changements de frontières mineurs sur des terres désertiques presque inhabitées.
Bien sûr, devant les accusations d’Addis-Abeba, Asmara nie toute implication. Pour le moment, la guerre est donc verbale. Touchons du bois pour qu’il n’y ait pas d’escalade militaire. On espère que la raison prévaudra de part et d’autre du front pour ne pas envenimer la situation. Vivement donc qu’il n’y ait pas une seconde guerre du Tigré, dans une zone déjà anxiogène avec la
Somalie et le Somaliland aux encablures.



