«Relooted»: un jeu vidéo pour s’emparer dans des musées occidentaux du patrimoine africain pillé

Qu’y a-t-il en commun entre un masque Yehoti du Burkina Faso, des bâtons d’ishango congolais et un tambour Ngadji du Kenya ? C’est qu’ils se trouvent tous dans des musées occidentaux et grâce au studio sud-africain Nyamakop, ils peuvent maintenant être virtuellement rapatriés. Relooted – « re-pillé », en français – sort ce 10 février 2026 sur plusieurs plateformes de jeu. Le principe : dans un futur proche, une équipe de « Robins des bois » venus du continent décide de reprendre à plusieurs musées occidentaux les artefacts africains qui s’y trouvent.

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Sur le papier, Relooted reprend tous les grands classiques du jeu de braquage : une équipe hétéroclite de voleurs, un peu de stratégie, beaucoup d’acrobaties et surtout, le frisson du vol. Oui mais, « est-ce vraiment du vol, si c’était déjà volé ? » Cette question, posée par l’un des personnages, résume tout le positionnement du jeu.

« Une mission de sauvetage »

« Ce n’est pas juste un braquage : c’est une mission de sauvetage », prévient la bande-annonce. Car il n’y a pas un, deux, ou même dix objets à récupérer, mais bien 70, qui existent tous dans la vraie vie, et dont l’histoire est détaillée par des « fiches » dans le jeu.

On estime que 90 000 objets issus d’Afrique subsaharienne se trouvent dans des musées, rien qu’en France. Au niveau mondial, c’est plus de 85% du patrimoine africain qui se trouve en dehors du continent. De quoi faire un certain nombre d’épisodes de Relooted.

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Mais, au-delà de la thématique profondément politique de Relooted, les créateurs du jeu ont aussi tout fait pour que les joueurs africains et afro-descendants se sentent représentés, dans une industrie encore majoritairement blanche. Et cela passe par les moindres détails du jeu.

« Il était évident pour nous que les personnages devaient être africains »

« Dès le début, il était évident pour nous que les personnages devaient être noirs, africains car ils sont en quête de l’héritage de l’Afrique noire, explique ainsi Ben Myres, le cofondateur du studio Nyamakop, au micro de Léa Boutin-Rivière. On s’est aussi dit que c’était une très bonne opportunité de travailler sur le design de personnages venus de tout le continent. Par exemple, on a un personnage camerounais qui a donc un accent africain francophone, ou encore un personnage venu d’Angola qui lui, a un accent anglais-africain. C’est très important pour nous de concevoir des personnages vraiment intéressants et profondément authentiques, en fonction d’une région et d’une ethnicité bien spécifiques ».

Il poursuit : « On a aussi fait attention à la musique délibérément. On a écarté les instruments occidentaux ou les symphonies et les orchestres qu’on entend souvent dans le jeu vidéo. Là, il n’y a que des instruments africains traditionnels et des synthés modernes. L’idée, c’est que la culture africaine est magnifique, incroyable et profondément intéressante. La plupart des gens dans le monde ne la connaissent pas assez, et ce jeu est vraiment un point d’entrée pour apprendre à mieux connaître le continent et ses cultures. »

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