Cancer: à Madagascar, l’inestimable soutien de professionnels à des femmes en phase terminale

À Madagascar, le cancer du col de l’utérus est le deuxième le plus létal chez les femmes, après celui du sein. S’il peut être en grande partie évité grâce à la vaccination, il restait jusqu’à il y a peu une maladie largement délaissée sur l’Île, malgré ses dégâts. En décembre, près d’1,8 million de jeunes ont pu bénéficier d’une campagne nationale de vaccination. C’est aussi ce 10 février qu’a lieu le lancement officiel du projet « Cancer du col de l’utérus » financé par Expertise France. Un programme de 3 ans pour améliorer le dépistage et la prise en charge des malades y compris jusqu’à leur dernier souffle. À Antananarivo, Douleurs sans frontières, partenaire du projet, offre des visites à domicile chez les patientes en stade terminal. Des soins palliatifs très appréciés des bénéficiaires.
Publié le :
2 min Temps de lecture
Avec notre correspondante à Antananarivo, Sarah Tétaud
Allongée dans son lit, Éméline Razafiarisoa, 64 ans, rassemble ses forces pour répondre aux questions de sa visiteuse. La sage-femme lui demande : « Comment vont les douleurs, grand-mère ? »
Éméline répond : « J’ai très mal au dos. J’ai pris le paracétamol et les médicaments que tu m’as donnés. Mais je continue à saigner énormément. »
Il y a deux ans, on a diagnostiqué très tardivement à cette ancienne lavandière un cancer du col de l’utérus. Depuis 4 mois, Douleurs sans frontières s’attelle à lui permettre une fin de vie douce et sans douleur.
La sage-femme poursuit sa visite : « Voilà, grand-mère. La tension est bonne. Mais il faut boire beaucoup d’eau, d’accord ? »
« Chez les patientes en fin de vie, l’aspect psychologique est vraiment important »
En plus de la visite hebdomadaire de la sage-femme du projet – son unique contact avec le milieu médical – Éméline reçoit également Tojo Rakotondrasoa, chargé d’appui psychosocial. Objectif : apaiser et soutenir psychologiquement la sexagénaire. « On va faire la respiration ensemble, l’invite-t-il. Soufflez doucement… Ça, faites-le dès que vous en avez envie. Ça vous permet de calmer votre cœur, quand il palpite fort, ou quand vous sentez les angoisses vous envahir ».
« Chez les patientes en fin de vie, l’aspect psychologique est vraiment important », poursuit-il. « Cela va les empêcher de penser au suicide, de déprimer, de désespérer. Je suis là pour dialoguer avec elles, leur donner des astuces à travers la respiration, le photolangage. J’apporte du soutien psychosocial », ajoute-t-il.
« Ils me donnent le courage de ne pas abandonner »
Un soutien humain et une écoute bienveillante qu’Éméline chérit plus que tout. Ces rendez-vous hebdomadaires sont devenus pour elle la raison de son combat. « Je leur suis très reconnaissante. Ils me donnent le courage de ne pas abandonner. S’ils ne venaient plus, je serais infiniment triste », lâche-t-elle en pleurant. « Je veux que, jusqu’à la fin, ce soit eux qui s’occupent de moi. »
Un accompagnement précieux dans un pays où ce type de service est aujourd’hui encore quasiment inexistant.
À lire aussiMadagascar: des cliniques mobiles dépistent gratuitement le cancer du col de l’utérus à Antananarivo



