Guinée-Bissau: l’ambassadeur de l’UE expulsé par la police du siège de la Ligue des droits de l'homme

En Guinée-Bissau, l’ambassadeur de l’Union européenne s’est fait expulser du siège de la Ligue des droits de l’homme (LGDH), alors qu’il visitait les lieux en compagnie du président de la LGDH. Dix agents de la Police d’intervention rapide ont fait irruption dans les locaux, armés et cagoulés. Ils ont donc expulsé la dizaine de personnes présentes et ont ordonné la fermeture des locaux. La délégation de l’UE n’a pas encore communiqué sur le sujet et la Ligue bissau-guinéenne des droits de l’homme dénonce une « énième intimidation » et l’absence de toute explication.
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L’ambassadeur de l’Union européenne Federico Bianchi, en poste en Guinée-Bissau depuis septembre 2025, visitait pour la première fois, ce 7 février 2026, les locaux de la Ligue bissau-guinéenne des droits de l’homme (LGDH), en compagnie du président de la LGDH, Bubacar Turé, lorsque dix agents de la police d’intervention rapide ont fait irruption dans les locaux. Armés et cagoulés, ils ont ordonné à toutes les personnes présentes de quitter les lieux, sans apporter d’explication.
L’équipe de la Ligue a aussitôt publié un communiqué : « Nous ne comprenons pas les raisons d’une attitude aussi arbitraire qu’inacceptable. » Ce n’est pas la première fois que les autorités s’en prennent à cette institution : déjà, en décembre, deux de leurs membres ont été violemment passés à tabac, et les locaux saccagés. Mais c’est bien la première fois que cela se déroule en présence d’un représentant politique, qui plus est, de l’UE.
Silence radio, pour l’instant, de ce côté. La délégation de l’UE a fait plusieurs publications sur ses réseaux sociaux depuis samedi, sans évoquer l’incident. Une source de la délégation européenne, jointe par RFI, admet « être choquée » et avance qu’une réunion devrait avoir lieu dans la journée pour évoquer le sujet.
Quatrième « incursion armée » dans ses locaux, selon la Ligue des droits humains
Il s’agit de la quatrième « incursion armée » en moins de deux mois dans ses locaux, dénonce encore la Ligue dans le communiqué.
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La Guinée-Bissau est dirigée depuis le 26 novembre, veille de l’annonce prévue des résultats provisoires des élections présidentielle et législatives dans le pays, par des militaires qui ont renversé le président sortant Umaro Sissoco Embalo et suspendu le processus électoral.
La junte a depuis nommé le général Horta N’Tam comme président d’une transition censée durer un an. Début décembre, les militaires ont publié une « charte de la transition », un texte servant de cadre juridique pendant cette période.
Avant le coup d’État de novembre, la Guinée-Bissau avait déjà connu quatre prises de pouvoir militaires et plusieurs tentatives d’insurrection depuis son indépendance du Portugal en 1974.



